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15 juin 2015, Paris : Comptes et Comptables : une nouvelle approche de la culture de cour

Appel à contribution pour un numéro thématique de Comptabilités. Revue d’histoire des comptabilités

Le but de cet appel à communication est de rassembler des historiens de la cour qui considèrent les documents qu’ils utilisent non seulement comme des sources, mais comme des objets à questionner pour eux-mêmes. L’analyse des différents types d’écrits est en effet devenue un champ de recherche important pour les historiens de la période médiévale, mais aussi moderne, notamment sous l’influence de l’anthropologie des rationalités pratiques.
Depuis les listes jusqu’aux inventaires en passant par la comptabilité, elle a ainsi ouvert de nouvelles façons d’appréhender le gouvernement princier et les pratiques administratives. Or la complexification des institutions chargées de gérer des cours en expansion a notablement stimulé la production aulique d’écrits à partir du xiiie siècle. Ces pratiques documentaires et la mise en place d’archives mettent en jeu la constitution d’une société de cour comme rouage essentiel du système de représentation du prince. De plus, ces documents légitimant la place de la cour au sein des institutions politiques, ils participent du processus de construction de l’« État moderne » dans une interaction qu’il convient d’envisager sur la longue durée – du tournant documentaire du xiiie siècle jusqu’à la mise en place de listes civiles.

Trois axes de réflexion pourraient permettre d’explorer la manière dont l’écriture pratique se développe dans le milieu curial et dont ce processus affecte un environnement politique et social dans lequel l’oral demeure essentiel.

En premier lieu, il est possible de s’attacher aux usages de ces documents.
Initialement, les inventaires et les livres de compte n’étaient pas des outils de gestion mais constituaient des preuves judiciaires. Il s’agirait donc d’explorer la façon dont ont émergé des enjeux gestionnaires dans les processus comptables – traçabilité des flux d’objets, d’argent, etc. – et dont ils ont affecté ces écrits. Ces documents constituant la mémoire vive des dons, des droits et des instruments nécessaires aux rituels princiers, les usages socio-symboliques dont ils faisaient l’objet demeurent toutefois cruciaux tout au long de la période considérée.

En second lieu, il semble essentiel de comprendre comment et par qui les comptes étaient produits. La tenue des livres était-elle considérée comme un office curial et une source de dignité ? Quels étaient les liens qu’entretenaient les comptables avec les autres officiers de la maison princière ? À quel point les comptables étaient-ils intégrés à la cour et participaient-ils à la culture dont elle était le creuset ?

Enfin, même si ces documents administratifs sont souvent considérés comme des sources « objectives », ils véhiculent une représentation de la cour et du corps du prince. Il s’agirait alors d’établir les caractéristiques matérielles, graphiques et cognitives des documents au sens où ce sont elles qui structurent cette image particulière. Au-delà, en quoi ces documents contribuent-ils à tisser le réseau social dont ils donnent une représentation ? À cet égard, la mise en scène de la valeur, économique et symbolique, des objets dans la comptabilité constitue un révélateur essentiel du rôle joué par la médiation écrite dans les rapports entre le prince et ses sujets.

Les textes pourront être en français ou en anglais*
Date de remise des propositions (2500 signes) : 15 juin 2015*
Date de remise des articles : 15 octobre 2015*

Contacts :
Pauline Lemaigre-Gaffier (UVSQ/DYPAC), pauline.lemaigre-gaffier chez uvsq.fr
Florence Berland (IRHiS), berland.florence chez gmail.com