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Équipement routier et querelle de luxe en France, 1776–1815

Jean-Marcel Goger

Jean-Marcel Goger, Équipement routier et querelle de luxe en France, 1776–1815, Francia, 34/2, 2007, p. 233-246.

Extrait de l’article

De 1737 à 1787, en cinquante ans de corvée royale, la France a reçu 40000 km de routes conçues pour la voiture. Avant l’instauration d’une réquisition régulière sur les grands chemins, le réseau comportait un grand nombre de pistes en terrain naturel. Celles que l’ »Encyclopédie« désigne sous le vocable de »carrières« ne livraient passage qu’aux chevaux et animaux de bât. Sur le plan technique, la route du XVIIIe siècle constitue un progrès appréciable, qui force l’admiration du parti philosophique. Pourtant, les esprits éclairés rejettent la corvée pour ses méthodes peu humanitaires. Leurs critiques s’ajoutent aux réticences des grands propriétaires expropriés et aux récriminations des manufacturiers mal desservis. Une telle convergence accule le Corps des Ponts- et-Chaussées, création de la Régence, à la reddition de comptes. Confusément, le feu de la critique finit d’ailleurs par gagner le terrain architectural, les polémistes s’efforçant de définir des contre-modèles d’équipement. De 1787 à 1792, la phase initiale de la Révolution est propice à cette tentative d’appropriation des décisions techniques par la société civile. Le procès intenté alors aux ingénieurs de l’Etat est séduisant pour l’historien de l’aménagement, car il ouvre des problématiques dont les résonances sont encore familières aux organisateurs de l’espace.

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