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15 juill. 2015, Bordeaux : La France et l’Espagne au cœur de l’Europe : les alliances dynastiques des Maisons de France et d’Espagne (XVIe-XVIIIe siècle). Relations politiques, enjeux internationaux, transferts culturels et artistiques

Colloque international organisé par Marie-Bernadette Dufourcet, Dominique Picco, Géraud Poumarède, avec le soutien de : Région Aquitaine, Université Bordeaux-Montaigne, CEMMC (Bordeaux-Montaigne), Centre Roland Mousnier (Paris-Sorbonne), CSIMP (Université Autonome de Madrid.

Dans le sillage des travaux consacrés à la Société des princes à l’époque moderne (L. Bély), aux princesses et aux reines (F. Cosandey, I. Poutrin et M.-K. Schaub) ou encore aux unions matrimoniales entre maisons souveraines (dossier de la revue XVIIe siècle, n°243, 2009) – pour ne citer que des ouvrages en français –, ce colloque conclusif du Projet Région Aquitaine ALFRES (ALliances de FRance et d’ESpagne au miroir des sociétés modernes) envisagera, dans la longue durée, entre XVIe et XVIIIe siècle, non seulement les alliances dynastiques conclues entre les Maisons France et d’Espagne, mais encore les stratégies matrimoniales déployées par chacune d’elles en direction des grandes maisons princières européennes.

Les mariages princiers cristallisent en effet des attentes d’une importance capitale pour les équilibres en jeu dans l’Europe moderne. Ils sont d’abord des affaires familiales et dynastiques, destinées à assurer une descendance aux Maisons souveraines. Ils recoupent aussi des enjeux de prestige et de rang, à travers la recherche de parentés illustres. Ils comportent des aspects financiers qui sont parfois très lourds. Ils ont des implications politiques, car ils sont un moyen de trouver des appuis, de conclure des alliances, tout en permettant, parfois sur plusieurs générations, de préparer des successions favorables. Ils sont enfin des moments d’exaltation et de célébration du pouvoir qui mobilisent tous les arts.

Il s’agira de revenir sur le contexte politique et les implications géopolitiques de ces mariages princiers, d’étudier le processus de conclusion de ces alliances sans omettre les acteurs et les actrices impliqués dans ceux-ci, d’éclairer le destin des princesses échangées entre les différentes Maisons européennes, d’étudier la célébration de ces unions par les arts et de souligner les transferts culturels qu’elles favorisent d’une cour à l’autre. C’est l’union de toutes les expressions artistiques éphémères ou non – peinture, architecture, musique, danse, théâtre, décors et machines, habits et costumes, feux d’artifice, carrousels, arts décoratifs, arts de la table et gastronomie - qui dessine en effet le « portrait du roi », au sens défini par Louis Marin, en une sorte d’orchestration du pouvoir politique qui culmine notamment à l’occasion de ces mariages. Fêtes, spectacles et cérémonies à l’intérieur du palais ou dans ses jardins, à l’église ou dans l’espace urbain, régis par une étiquette rigoureuse, sont un signe de la puissance princière qu’ils théâtralisent sous le voile de la métaphore ou de l’allégorie. Inspiré du modèle politique médicéen et de l’éducation idéale prônée par l’humaniste Baldassare Castiglione, l’absolutisme monarchique qui se développe en France et en Espagne dès le XVIe siècle est indissociable de sa représentation artistique, élaborée pour inspirer admiration, crainte et soumission.

Souvent rivales et antagonistes, les monarchies de France et d’Espagne n’en sont pas moins unies par un écheveau dense de relations familiales, de cousinages et d’entourages qui les rapproche et les relie ; leurs ramifications sans cesse recroisées se prolongent à travers toute l’Europe moderne en formant de véritables réseaux sociaux et politiques actifs ou dormants, mobilisables lorsque les circonstances l’exigent. De tels liens établissent, par-delà les clivages ou les frontières territoriales, une communauté de destin propice aux effusions festives et aux fécondations artistiques, aux échanges et aux circulations, aux transferts et aux hybridations, pouvant donner naissance à des phénomènes d’acculturation.

Les propositions de communication sont à envoyer conjointement à Marie-Bernadette Dufourcet (mb.dufourcet chez gmail.com), Géraud Poumarède (poumarede chez yahoo.fr) et Dominique Picco (Dominique.Picco chez u-bordeaux-montaigne.fr) avant le 15 juillet 2015. Les participants dont les propositions auront été retenues verront leurs frais de déplacement et d’hébergement pris en charge par le programme ALFRES.