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Mal de vivre, mal croire : l’anticléricalisme dans L’Heptaméron de Marguerite de Navarre

Gary Ferguson

Ferguson Gary, "Mal de vivre, mal croire : l’anticléricalisme dans L’Heptaméron de Marguerite de Navarre", dans Seizième Siècle, n° 6, 2010, p. 151-163.

Extrait de l’article

L’anticléricalisme de l’Heptaméron n’a pas échappé à ses premiers critiques, témoin cet auteur anonyme du XVIIe siècle, rédacteur des Intrigues secrettes de la Royne Margueritte pour établir les erreurs et les nouveauttez de Calvin [et de Luther] dans son royaume de Béarn et de Navarre (le « document sur les idées religieuses de Marguerite de Navarre » , publié par Pierre Jourda en 1929), qui conclut : « ce n’estoient qu’histoires de prestres et de moynes, et ces histoires n’estoient que pour faire rire le monde ou de l’ignorance ou des mauvaises moeurs qu’on pretendoit se trouver dans le clergé et dans les monasteres ». Evidemment, on doit se méfier d’un document composé au moins un siècle après la mort de Marguerite et qui contient nombre d’erreurs. Signalons, pour son importance, la chronologie fautive qui place le recueil de nouvelles au tout début de la carrière littéraire de la reine, avant le Miroir de l’âme pécheresse et les autres poésies. Selon cet auteur, Marguerite aurait commencé par une critique des mœurs cléricales pour en venir après à une mise en question des doctrines de l’Eglise. L’hypothèse, pour être erronée, n’en est pas moins révélatrice, parce qu’elle fait suivre à la reine l’évolution la plus compréhensible – la plus « acceptable » , pour ainsi dire – aux catholiques. La réalité, comme on le verra, fut tout autre.

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