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Alliance ou défiance ? Les ambiguïtés de la politique des Capétiens envers leur capitale entre le XIIe et le XVIIe siècle

Boris Bove

Bove, Boris, "Alliance ou défiance ? Les ambiguïtés de la politique des Capétiens envers leur capitale entre le XIIe et le XVIIe siècle", dans Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public. 36e congrès, Istanbul, 2005 (Les villes capitales au Moyen Age, pp. 131-154).

Extrait de l’article

Le 30 décembre 1306, une foule de locataires parisiens ruinés par une réévaluation monétaire vint assiéger Philippe le Bel au Temple, où il tenait conseil avec ses barons. Ils avaient auparavant saccagé la courtille de son voyer, Etienne Barbette, car on disait qu’il avait suggéré au roi de faire libeller les loyers en monnaie forte. Le prévôt de Paris et les barons parvinrent à calmer la foule en colère et à la disperser, mais la répression fut à la mesure de la frayeur du roi : le lendemain, les meneurs (ou ceux que l’on considéra comme tels) furent arrêtés et, cinq jours plus tard, 28 d’entre eux pendus aux quatre ormes de la ville . Cet événement éclaire brutalement la position ambivalente de Paris par rapport au souverain : concentrer son administration, son trésor et ses archives en un lieu fixe est un gage d’efficacité politique, en même temps qu’une faiblesse puisque cela met les organes vitaux du pouvoir, et la personne royale elle- même, à la merci des revendications des habitants de l’endroit, si bien que les souverains paraissent hésiter entre alliance et défiance dans leur relation avec leur ville. C’est cette ambivalence que je me propose d’étudier ici.

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