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Le butin de guerre au Moyen Âge. Aspects symboliques et économiques

Michael Jucker

Michael Jucker, "Le butin de guerre au Moyen Âge. Aspects symboliques et économiques", Francia 36, 2009

Extrait de l’article

On se demande quelquefois, en visitant les musées d’aujourd’hui, d’où viennent tous les objets qui s’y trouvent. Songeons, par exemple, aux momies égyptiennes du British Museum. Beaucoup de ces objets que nous admirons, et qu’il nous arrive de
prendre pour des biens culturels proprement européens, sont des prises de guerre, arrivées dans nos musées par des voies plus ou moins détournés. Une partie d’entre
eux proviennent de vols ou de pillages, et la question de leur propriété n’a pas encore été éclaircie. Notre culture s’est si bien approprié ces objets que, souvent, ils ne sont plus perçus comme des biens étrangers ou volés. On trouve des objets volés dans des espaces publics, comme les chevaux du palais des Doges à Venise, qui sont arrivés en Europe occidentale après le sac de Constantinople, en 1204, avec bien d’autres œuvres d’art, reliques et objets de culte byzantins. Des obélisques égyptiens ornent presque toutes les grandes métropoles d’Europe. On ne compte pas, dans les musées suisses, les armures, les hallebardes et les canons empoussiérés qui fascinent ou font sourire le visiteur, et qui sont eux aussi d’anciens butins de guerre. Tous ces objets volés, qu’ils proviennent de contrées proches ou lointaines, ont une histoire, ils ont laissé dans l’espace et dans le temps des traces qui ont été jusqu’ici peu étudiés. Les actes de pillages, eux aussi, racontent une histoire et donnent lieu à des discours et à des récits toujours nouveaux. Il en est des conflits contemporains comme des guerres du Moyen Âge.

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