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10 jan. 2016, Grenoble : Domestiques et domesticités. Servir un maître de l’Antiquité à nos jours

Appel à communication qui s’adresse prioritairement aux doctorants et jeunes docteurs en Histoire, Histoire de l’Art, Archéologie et Littérature.

Date et lieu de la journée d’étude : 25 mars 2016, Campus universitaire, Amphi MSH-Alpes - Saint Martin-d’Hères, Grenoble, France (38)

Le thème de la domesticité prend corps dans l’histoire sociale et culturelle mais aussi dans l’histoire des représentations, ouvrant dès lors une brèche pour une approche littéraire et artistique. Par « domestique », on entendra, dans son acception la plus large, l’individu qui est au service d’un autre dans un rapport de subordination, sans en être nécessairement la propriété (esclaves, palefreniers, précepteurs, aumôniers, secrétaires, gouvernantes, bonnes, prostituées). Alors même que, dans l’Antiquité, le statut d’ « esclave » relève d’une catégorie juridique rigide, la catégorie de « familiers » opère une mutation aux époques ultérieures. Avant le milieu du XVIIIe siècle, la plupart des dictionnaires définissent en effet le « domestique » comme « celui qui est d’une maison, sous un même chef de famille ». Il s’agit donc des gens d’une maison (maison royale, princière ou seigneuriale, voire parlementaire et même bourgeoise) attachés au service domestique ou personnel d’un prince, d’un grand, d’un noble ou d’un magistrat. Des hommes et des femmes se font ainsi les fidèles d’un supérieur contre l’absence de souci matériel et contre sa protection. La frontière entre la sphère de la « domesticité » et celle des « serviteurs » devient donc plus poreuse, en même temps que cette perméabilité pose nécessairement un problème de définition. Aussi la perspective diachronique doit-elle permettre de faire apparaître l’infinie palette de nuances qui se déploie depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque contemporaine.

Axes envisagés

Hiérarchies et mobilités sociales
Les approches postcoloniales ont posé la nécessité de battre en brèche la « dualisation » du modèle servile dont le paradigme identifiait d’un côté le maître et, de l’autre, son esclave. Ce schéma est reconnu désormais comme périmé. Il convient en effet d’interroger les hiérarchies qui se construisent à l’intérieur de la domesticité.

Figures de la rupture, de la transgression, et stratégies de contournement
On entend dépasser l’idée simpliste de la soumission sous-jacente en étudiant la trajectoire des personnages qui échappent à ce modèle en mettant en œuvre des stratégies d’émancipation et de manumission (lettrés de cour, agency des acteurs, subaltern studies…).

Les espaces de la domesticité
Par « espace » on entend : espace à soi, sphère privée, différenciation des espaces dans la maison, lieu de travail.

Les propositions de communication pourront se faire par un résumé d’environ 300 mots, accompagné d’une courte biographie à envoyer à l’adresse suivante : domestiques.grenoble chez gmail.com.

Comité d’organisation

Debora BARATTIN, doctorante en Études italiennes et françaises, Université Grenoble Alpes
Marianne BERAUD, doctorante en Histoire romaine, Université Grenoble Alpes
Christophe CAIX, doctorant en Histoire moderne, Université Grenoble Alpes
Federica GRECO, doctorante en Études italiennes, Université Grenoble Alpes

Comité scientifique

Anne CAYUELA, Professeur de Littérature et de civilisation du Siècle d’Or à l’ Université Grenoble Alpes
Stéphane GAL, MCF en Histoire moderne à l’Université Grenoble Alpes
Nicolas MATHIEU, Professeur en Histoire romaine à l’ Université Grenoble Alpes
Serge STOLF, Professeur en Littérature et civilisation de la Renaissance italienne à l’ Université Grenoble Alpes

Bibliographie indicative

Boulvert G. (1974), Domestique et fonctionnaire sous le haut empire romain : la condition de l’affranchi et de l’esclave du prince, Paris, Les Belles Lettres.
Corbier M. (2008), « Famille et intégration sociale : la trajectoire des affranchi(e)s », dans Gonzales A. (ed.), La fin du statut servile. Affranchissement, libération, abolition, Hommages à Jacques Annequin, XXXe colloque du GIREA, Besançon 15-16-17 décembre 2005, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, pp. 313-327.
De Laverny S. (2002), Les domestiques commensaux du roi de France au XVIIe siècle, Paris, PUPS.
Gautier A. (1985), Les Sœurs de Solitude. Femmes et esclavage aux Antilles du XVIIe au XIXe siècle, Paris, Éditions caribéennes.
Gutton J.-P. (1981), Domestiques et serviteurs dans la France de l’Ancien Régime, Paris, Aubier.
Heers J. (1981), Esclaves et domestiques au Moyen Âge dans le monde méditerranéen, Paris, Fayard.
Martin-Fugier A. (2004), La place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900, Paris, Perrin.
Taraud C. (2003) La prostitution coloniale. Algérie, Maroc, Tunisie (1830-1962), Paris, Payot.