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25 mars 2016, Grenoble : Domestiques et domesticités. Servir un maître de l’Antiquité à nos jours

Le thème de la domesticité prend corps dans l’histoire sociale et culturelle mais aussi dans l’histoire des représentations, ouvrant dès lors une brèche pour une approche littéraire et artistique. Par « domestique », on entendra, dans son acception la plus large, l’individu qui est au service d’un autre dans un rapport de subordination, sans en être nécessairement la propriété (esclaves, palefreniers, précepteurs, aumôniers, secrétaires, gouvernantes, bonnes, prostituées).
Alors même que, dans l’Antiquité, le statut d’ « esclave » relève d’une catégorie juridique rigide, la catégorie de « familiers » opère une mutation aux époques ultérieures. Avant le milieu du XVIIIe siècle, la plupart des dictionnaires définissent en effet le « domestique » comme « celui qui est d’une maison, sous un même chef de famille ». Il s’agit donc des gens d’une maison (maison royale, princière ou seigneuriale, voire parlementaire et même bourgeoise) attachés au service domestique ou personnel d’un prince, d’un grand, d’un noble ou d’un magistrat. Des hommes et des femmes se font ainsi les fidèles d’un supérieur contre l’absence de souci matériel et contre sa protection. La frontière entre la sphère de la « domesticité » et celle des « serviteurs » devient donc plus poreuse, en même temps que cette perméabilité pose nécessairement un problème de définition. Aussi la perspective diachronique doit-elle permettre de faire apparaître l’infinie palette de nuances qui se déploie depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque contemporaine.
Axes envisagés :

1. Hiérarchies et mobilités sociales
Les approches postcoloniales ont posé la nécessité de battre en brèche la « dualisation » du modèle servile dont le paradigme identifiait d’un côté le maître et, de l’autre, son esclave. Ce schéma est reconnu désormais comme périmé. Il convient en effet d’interroger les hiérarchies qui se construisent à l’intérieur de la domesticité.

2. Figures de la rupture, de la transgression, et stratégies de contournement
On entend dépasser l’idée simpliste de la soumission sous-jacente en étudiant la trajectoire des personnages qui échappent à ce modèle en mettant en œuvre des stratégies d’émancipation et de manumission (lettrés de cour, agency des acteurs, subaltern studies…).

3. Les espaces de la domesticité
Par « espace » on entend : espace à soi, sphère privée, différenciation des espaces dans la maison, lieu de travail.

Cette manifestation scientifique s’adresse prioritairement aux doctorants et jeunes docteurs en Histoire, Histoire de l’Art, Archéologie et Littérature.