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24-25 nov. 2016, Louvain-la-Neuve : Le martyr politique (XIe-XVIe siècle)

Nous souhaitons revisiter la notion de « martyr » médiéval à travers un prisme peu utilisé par les historiens de la période, celui de la cause politique, afin de nous affranchir de l’approche trop exclusivement ecclésiale proposée jusqu’ici.

La définition du « martyr politique » nous renvoie aux origines antiques. La capacité des autorités romaines à inscrire dans le corps de leurs ennemis de l’intérieur toute l’étendue de leur pouvoir et leur détermination à être obéies, alors que ceux-ci manifestent en retour leur aptitude à endurer les violences mortifères qui leur sont infligées, sans pour autant renoncer à leur choix de n’obéir qu’à une autorité divine, ignorée et combattue dans l’Empire, fonde la notion de martyr. Témoin de Dieu et de l’injustice des hommes, le martyr chrétien qui perd la vie au nom de la foi qu’il refuse d’abjurer n’en est pas moins, par essence, un martyr politique. Le caractère agonistique qui l’oppose aux autorités en place (religieuses, temporelles, quand elles ne sont pas confondues) et l’exemplarité de sa vie, emblématique de la cause à laquelle il adhère ou qu’il incarne, par opposition aux pratiques de ceux contre lesquels il s’inscrit en faux et qui le condamnent à mort, doivent retenir ici l’attention. Au même titre que ces modèles et l’entretien de leur mémoire par des cultes spécifiques, par le récit biographique et par leur élévation post mortem au rang de saints ont soudé les communautés chrétiennes, le Moyen Âge occidental connaît, en particulier dans le dernier tiers de la période, un déplacement de ces logiques martyriales vers des sphères laïques qui sont à la fois celles des autorités politiques, mais aussi des sujets et des fidèles qui participent de la fabrique de ces « martyrs politiques médiévaux ».

Oubliant l’utilisation politique du martyre chrétien, qu’il s’agisse de la manipulation de la mémoire de saints rois victimes de la foi qu’ils tentaient de faire triompher, par exemple, ou de la valorisation des violences infligées aux évangélisateurs rapprochés de martyrs des premiers siècles, c’est la piste des martyrs « hors la foi » que nous nous proposons d’explorer. Ceci n’exclut pas, néanmoins, la prise en compte de la spiritualité ou du rapport à la religion des martyrs en question : certains sont animés par une quête de réforme, la plupart se signalent par une piété ostensible. Il conviendra d’interroger, du reste, ce critère sans doute indispensable au succès du culte personnel : un martyr, même politique, peut-il échapper à cette exemplarité dévotionnelle ?

Le colloque aura lieu les 24 et 25 novembre 2016 à Louvain-la-Neuve.

Contacts et programme :
Gilles Lecuppre
courriel : gilles [dot] lecuppre [at] uclouvain [dot] be
Maïté Billoré
courriel : maite [dot] billore [at] orange [dot] fr

Conseil scientifique :

Martin Aurell, Professeur à l’Université de Poitiers, CESCM – Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale
Paul Bertrand, Professeur à l’Université Catholique de Louvain, RSCS – Institut de recherche Religions, spiritualités, cultures, sociétés
Silvia Mostaccio, Professeure à l’Université Catholique de Louvain, IACCHOS – Institute for the Analysis of Change in Contemporary and Historical Societies
Laurence Moulinier, Professeure à l’Université de Lyon 2, CIHAM – Histoire, Archéologie, Littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux