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Traduction, transferts culturels et construction des publics dans deux éloges collectifs de femmes de la première moitié du XVIe siècle

Renée-Claude Breitenstein

Breitenstein, Renée-Claude, "Traduction, transferts culturels et construction des publics dans deux éloges collectifs de femmes de la première moitié du XVIe siècle", Études françaises, vol. 47, n° 3, 2011, p. 91-107

Résumé de l’article

Cet article s’intéresse à la construction des publics dans deux éloges collectifs de femmes traduits du traité latin De nobilitate et praecellentia foeminei sexus d’Henri Corneille Agrippa : Le Jardin de foelicite avec la louenge & haultesse du sexe feminin en ryme françoyse, divisee par chapitres […] (1541) de François Habert et Le Fort inexpugnable de l’honneur du sexe féminin (1555) de François de Billon. Le passage d’une langue à une autre et celui d’une forme littéraire à une autre sont des facteurs de poids dans la réorientation du texte source vers de nouveaux lecteurs et lectrices ; ils enclenchent un important travail d’adaptation, tant discursif que matériel. Le premier objectif de cet article est de mesurer les modalités d’inscription, les fonctions et les enjeux de ces transferts linguistique et culturel, afin d’en apprécier l’influence dans la construction des publics. Le deuxième objectif consiste à identifier les stratégies de publication de l’auteur, lesquelles comprennent aussi bien l’opération de construction d’un nouveau public par le texte que ce que ce texte, et les livres dans lesquels celui-ci se cristallise, mettent en vedette. Au-delà des objectifs encomiastiques de célébration des femmes énoncés dans les paratextes, l’éloge abrite des finalités dissimulées, qui constituent autant d’appels à l’adhésion par des lectorats différents et indiquent des publics secondaires implicites. Les configurations identifiées — juxtaposition et superposition — fournissent la base d’une réflexion méthodologique plus large sur les publics et la publication dans les éloges collectifs de femmes du XVIe siècle.

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