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De Charlemagne à Amadis

Rieger Dietmar, Rieger

Rieger, Dietmar, « De Charlemagne à Amadis », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 22, 2011, 587-600.

Résumé de l’article

L’auteur se propose ici de répondre à la question de savoir quels étaient, aux alentours de 1500 et dans le cadre de la continuité multiséculaire du savoir littéraire et culturel, les personnages modèles dont disposaient l’aristocratie et le pouvoir royal pour définir leurs orientations culturelles en matière de politique intérieure et extérieure. Il sera d’abord question de César et d’Alexandre le Grand, deux figures de proue de l’Antiquité et déjà remises à l’honneur au Moyen Âge mais présentant chacune des aspects problématiques. Ensuite sera abordé Charlemagne, qui fut érigé en mythe, surtout dans les chansons de geste, mais dont le modèle ne fut pour la royauté française au XVIe siècle que sporadiquement utile, par exemple lorsqu’on voulut appuyer la candidature de François Ier à la couronne impériale en 1519. C’est pour de tout autres raisons (y compris intralittéraires) qu’étaient vraisemblablement ‘disqualifiés’ les héros des romans arthuriens : Arthur, Perceval et surtout Lancelot. La « découverte » d’un nouveau héros, Amadis de Gaule, importé mais considérablement modifié, permit cependant de purifier les personnages chevaleresques autochtones de leurs tares, en considération des considérables changements militaires et mutations dans les structures de pouvoir ; il devenait nécessaire de les soustraire à leur passé qui se terminait en une sorte de crépuscule de la chevalerie. Amadis peut être considéré comme la somme de tous les « superhéros » littéraires du Moyen Âge courtois, débarrassés de leurs zones d’ombre. Ce chevalier modèle entre en scène pour combattre le mal et pour aider les faibles et les vertueux dans d’innombrables épreuves, en l’honneur de sa bien-aimée et avec le soutien de la fée Urganda. L’immense succès d’Amadis au XVIe siècle atteste à quel point il correspondait aux besoins et aux attentes de l’élite « chevaleresque » de cette époque dans sa quête d’un modèle à propager et à suivre.

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