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Christophe de Thou et Charles IX : recherches sur les rapports entre le parlement de Paris et le prince (1560-1574)

Sylvie Daubresse

Sylvie Daubresse, "Christophe de Thou et Charles IX : recherches sur les rapports entre le parlement de Paris et le prince (1560-1574)", dans Histoire, économie & société, année 1998, volume 17, n° 17-3, pp. 389-422.

Extrait de l’article

Le 1er novembre 1582 meurt, à l’âge de 75 ans, Christophe de Thou, premier président du parlement de Paris Selon un genre convenu de l’éloge post mortem, ses hautes vertus sont célébrées. Jean de la Fosse, curé de Saint-Barthélemy-en-la-Cité, évoque un « homme docte et fort intelligent en sa charge, aymé du peuple et regretté à sa mort ». Ses panégyristes insistent sur sa sagesse et sa probité. Le curé Jean Prévost, auteur de son oraison funèbre, le compare à Joseph « commandant absolument en la maison de Pharaon ». Il est également présenté comme un modèle d’équité : « At Me Princeps senatus tant erga bonos humanus, quant in malos severus, adversus omnes justissi-mus ». Pierre de L’Estoile montre un de Thou regretté de tous, « comme bon justicier et très digne de la charge et renc qu’il tenoit en la République ». Cependant, le chroniqueur s’empresse de constater que, comme « il est bien malaisé de contenter tout le monde en telles charges », quelques uns taxèrent la mémoire du défunt « d’ambition et légèreté (qui lui estoit naturelle) d’avarice et malversation en son estat ». L’avocat Etienne Pasquier disait de lui qu’il était l’homme « le moins imparfait » de tous ses contemporains . Son fils, Jacques-Auguste de Thou, le célèbre historien, met dans la bouche de Henri III, « qu’il étoit assuré que Paris ne se seroit jamais révolté [en 1588] si de Thou avoit été à la tête du Parlement ». François Blanchard décrit le premier président de Thou comme étant le seul capable, « pour le respect que luy portoit le commun peuple », de réprimer les séditions.

Voici donc l’image apologétique de Christophe de Thou au lendemain de sa mort : elle est celle d’un homme respecté de tous, du premier président par excellence. Mais qui fut-il vraiment, quelle fut son action au sein du parlement de Paris ?

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