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Trecensis : Pierre Mignard, peintre de Troyes 

Jean-Claude Boyer

Boyer, Jean-Claude, « Trecensis : Pierre Mignard, peintre de Troyes », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, 2015

Résumé de l’article

Le mot latin « Trecensis » - « troyen », « de Troyes » -, qui désigne la ville natale de Pierre Mignard (1612-1695), fait son apparition dans les années 1670 pour accompagner son nom dans les estampes qui reproduisent ses œuvres. On le trouve aussi dans la médaille que François Chéron grave à sa gloire en 1682. C’est justement à cette date, à partir d’un article paru dans une gazette hollandaise, qu’une violente querelle publique, alimentée par des libelles, est suscitée par Le Brun et d’autres ennemis du peintre pour lui interdire l’accès au chantier royal de Versailles : ses origines troyennes, champenoises y sont l’objet de sarcasmes répétés. Dans sa riposte, Mignard restitue la cohérence de sa carrière, qui, après Troyes, a trouvé son épanouissement dans un séjour de plus de vingt ans à Rome, et il prend soin de se démarquer des institutions parisiennes (inféodées au camp adverse), qu’il disqualifie en bloc sous le nom de « Gobelins ». La mort de Colbert (1683), remplacé par Louvois, scelle la défaite de Le Brun. Désormais triomphant, Mignard réalise à Versailles, pour le roi, des œuvres majeures et affirme plus que jamais, dans les estampes, son caractère de Trecensis. Son anoblissement, en 1687, impose d’autres formules. Mais lorsqu’il devient enfin premier peintre du roi en 1690, l’autoportrait dont il diffuse l’image gravée est, encore et toujours, celui de « Pierre Mignard de Troyes ».

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