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La licorne et la corne de licorne chez les apothicaires et les médecins

Louis-Paul Fischer, Véronique Cossu Ferra Fischer

Fischer, Louis-Paul, Cossu Ferra Fischer, Véronique, "La licorne et la corne de licorne chez les apothicaires et les médecins", Histoire des sciences médicales, 2011, 45 (3), p. 265-274

Extrait de l’article

Quel est le premier et le dernier médecin-apothicaire prescripteur de corne de licorne contre les poisons, les fièvres, la rougeole, la rubéole ? Y a-t-il dans des apothicaireries et musées des pots présentant la dénomination de poudre d’unicornis (nom latin de la licorne) ou licorne ? A-t-on fabriqué en public dans un hôpital, dans une pharmacie de la poudre à base de corne de licorne (en réalité celle du narval découvert en 1577 par le marin anglais Martin Frobischer) comme parfois pour la fabrication solennelle de la thériaque ? Je n’ai pas trouvé encore de réponse à ces trois questions et à d’autres comme à celle de connaître une liste de riches patients ayant bénéficié de la poudre de licorne vendue, écrit Ambroise Paré, au poids, huit fois son poids en or en 1581 et dix fois son poids en or en 1585, lorsqu’il revoit le texte du Discours de la licorne (1581) pour l’insérer dans ses Œuvres complètes (1585) ! Ambroise Paré avait-il eu connaissance de la rencontre de Martin Frobischer (1577) avec la “licorne des mers” pour mettre en doute dès 1579 la licorne terrestre, quadrupède. L’usage médicinal (antipoison) de la corne de l’animal occidental fabuleux à une seule corne frontale remonte en Occident au Moyen-âge et peut-être à l’Antiquité. En Chine, la “licorne” (Qui-Lin), à l’aspect massif voisin du rhinocéros, est un animal fabuleux porte-bonheur et l’on sait que le rhinocéros est chassé pour sa précieuse corne dont la poudre augmente la puissance génitale de l’homme riche.

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