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Itinéraire de Marguerite de France. Les lieux de séjour de la comtesse d’après ses actes (1310-1382)

Jean-Baptiste Santamaria (éd.)

Jean-Baptiste Santamaria (éd.), Itinéraire de Marguerite de France. Les lieux de séjour de la comtesse d’après ses actes (1310-1382), Paris, Cour de France.fr, 2017 (http://cour-de-france.fr/article4880.html).

La reconstitution des itinéraires de la comtesse Marguerite de France est rendue difficile par la disparition quasiment complète des comptes de son hôtel et de sa comptabilité centrale, situation qui explique largement le peu d’intérêt suscité par cette princesse. Pour la période courant jusqu’en 1361, les mentions de ses séjours sont rares, s’appuyant sur le dépouillement des comptabilités ou actes émanant de proches (sa grand-mère Mahaut d’Artois, sa mère la reine Jeanne de Bourgogne, sa soeur Jeanne de France, mais aussi son époux Louis de Nevers, et son fils Louis de Male (dont une partie a été éditée par Thierry de Limbourg-Stirum). On dispose cependant de plusieurs épaves de comptabilité curiale (séjour en Nivernais en 1338), ou centrale (recette générale de Flandre), ainsi que de plusieurs actes de Marguerite conservés dans les dépôts hérités des anciens trésors des chartes de Flandre, d’Artois, de Bourgogne comtale ou de France.
À partir de 1361, nous disposons de nombreux originaux d’actes conservés (particulièrement les milliers de mandements servant à justifier les comptes des receveurs d’Artois), ainsi que quelques registres de copies qui fournissent des dates et des lieux, dont la fiabilité doit être mesurée aux mentions d’expédition (qui signalent la présence de la comtesse au conseil). On peut les croiser avec une abondante, mais éparse comptabilité domaniale (receveurs des bailliages d’Artois, receveurs de Flandre, région parisienne, Champagne, Nivernais, trésoriers des deux bailliages comtois), dont l’objet n’est cependant nullement la personne de Marguerite, mais la gestion locale de ses revenus. Enfin, les archives des ducs de Bourgogne de la maison de Valois (notamment les comptes d’hôtel dont les itinéraires ont été publiés par Ernest Petit) permettent de suivre la comtesse par intermittence.
Sur l’ensemble de la période, les dépôts concernés sont donc nombreux : les Archives nationales (série JJ comportant plusieurs actes de la comtesse, mais aussi des épaves de la Chambre des comptes du roi, et notamment des comptes d’hôtel, le plus souvent édités), la Bibliothèque nationale (quelques comptes comtois et artésiens), les archives générales du royaume à Bruxelles ainsi que les archives départementales du Nord, du Pas-de-Calais, de l’Aube, de Côte-d’Or et du Doubs conservent l’essentiel des documents consultés, actes et comptabilité en tête. Des sources urbaines permettent d’éclairer certains épisodes, notamment les « joyeuses entrées » : les archives de Gand, d’Ypres (d’après des éditions de comptes), d’Arras ou de Saint-Omer sont en particulier éclairantes et les archives municipales de Besançon fournissent également des copies d’actes et de comptabilités pour le Comté de Bourgogne (Collection Droz). Enfin les mentions des chroniqueurs sont rares, mais les Chroniques de Froissart et les Grandes Chroniques de France apportent des mentions qui, lorsqu’elles peuvent être croisées avec les documents de la pratique, s’avèrent plutôt justes pour la deuxième moitié du XIVe siècle.

Le traitement et le contrôle des données ont été effectués en suivant le parcours de la princesse. Cet examen a permis d’identifier de nombreux lieux-dits et lieux disparus ainsi que d’éliminer des indications qui présentent des incohérences quant au lieu de séjour ou à la date de rédaction. Chaque lieu a été marqué de son code INSEE. Dans le cas de lieux disparus a été attribué le code de la commune la plus proche.

L’itinéraire de Marguerite de France ainsi constitué compte 2098 indications et énumère 112 lieux de séjour. Il documente le lieu de séjour de 8% des 26 392 jours que dura la vie de la princesse.