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Les chansons de geste et l’affermissement du pouvoir royal (1100-1250)

Dominique Boutet

Dominique Boutet, "Les chansons de geste et l’affermissement du pouvoir royal (1100-1250)", dans Annales, année 1982, volume 37, numéro 1, pp. 3 - 14.

Extrait de l’article

Les progrès de l’autorité monarchique, au début du XIIe siècle, s’expliquent par la conjonction de deux faits. D’abord la pensée augustinienne, répandue par l’Église et présente par le sacre ; ensuite l’accroissement de la puissance financière et territoriale du roi de France. Ce facteur est évidemment déterminant ; il a permis de rapprocher, dans une large mesure, la réalité de l’idéal sans cesse affirmé par les clercs à travers les périodes même les plus critiques.

Une valeur très haute a été reconnue à la royauté française à une époque où sa faiblesse politique et territoriale était criante. C’est précisément cette valeur qui a évité un total effondrement (avec l’importance de l’appui idéologique de l’Église) et qui a permis d’exploiter, après 1100, les conditions favorables à un affermissement. Mais c’est grâce à un accroissement de sa puissance territoriale en Ile-de-France et de sa puissance financière que le roi a pu transformer une prééminence très lâche en véritable pouvoir royal.

Trois moyens ont alors servi : la force des armes, l’utilisation des institutions dans un sens favorable à la royauté (hiérarchie féodale en formation ; problème des arrière-vassaux de la Couronne, etc.), et toujours l’augustinisme politique. Ainsi est-on passé, sous la régence de Suger, de la trêve de Dieu à la« paix du roi ».

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