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L’opéra des Dieux

Etienne Broglin

Etienne Broglin, "L’opéra des Dieux", dans Histoire, économie & société, année 2003, volume 22, numéro 2, pp. 153 - 175.

Extrait de l’article

En 1966, Anthony Lewis et Thurston Dart réalisaient pour la marque L’Oiseau-Lyre Hippolyte et Aricie, premier opéra de Jean-Philippe Rameau à faire l’objet d’un enregistrement. William Christie nous a relaté à quel point, pour lui, comme pour l’auteur de ces lignes, ces vinyles aujourd’hui historiques avaient été un éblouissement, une révélation, « un moment où le temps s’était arrêté, une introduction magique à l’univers théâtral de Rameau » .

Ce qu’il ne dit pas, c’est que cette version était incomplète, omettant le nécessaire Prologue que le modèle lullyste avait imposé à la tragédie lyrique à la française depuis sa véritable « invention » en 1673 avec Cadmus et Hermione jusqu’aux premiers signes d’abandon avec le Zoroastre de Rameau dont la première représentation eut lieu le 5 Décembre 1749 à l’Académie Royale de Musique.

Encore faut-il dire que la didascalie de Zoroastre indique que « l’ouverture sert de prologue ». Elle en conserve d’ailleurs l’esprit et la finalité puisque « la première partie est un tableau fort et pathétique du pouvoir barbare d’Abramane, et des gémissemens des peuples qu’il opprime. Un doux calme succède : l’espoir renaît. La seconde partie est une image vive et riante de la puissance bienfaisante de Zoroastre, et du bonheur des peuples qu’il a délivré [sic] de l’oppression ». Avant même l’action tragique, le Prologue en livre le sens : victoire des forces du Bien, rétablissement de l’Ordre du Monde, glorification du sage pouvoir des rois bienfaisants et de la vertu des Héros obéissants aux Dieux, retour du règne d’un âge d’or des plaisirs et de l’Amour.

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