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Pouvoirs et limites de la représentation. Sur l’œuvre de Louis Marin

Roger Chartier

Roger Chartier, "Pouvoirs et limites de la représentation. Sur l’œuvre de Louis Marin", dans Annales, année 1994, volume 49, numéro 2, pp. 407 - 418.

Extrait de l’article

En 1639, Poussin écrit à son ami et client Chantelou pour lui annoncer l’envoi du tableau intitulé La manne. En commentant cette lettre en un temps où l’emploi du terme de « lecture » allait de soi pour désigner le déchiffrement, la compréhension et l’interprétation d’objets ou de formes qui n’appartiennent pas à la lecture de l’écrit (« lire » un paysage, « lire » une ville, « lire » un tableau, etc.), Louis Marin entendait questionner l’uni¬versalisation de cette catégorie qui, implicitement, impliquait celle de texte1. « Si le terme lecture est immédiatement approprié au livre, l’est-il au tableau ? Si, par extension de sens, on parle de lecture à propos du tableau, la question se pose de la validité et de la légitimité de cette extension »2. Pour répondre à cette double question et pour rompre avec l’immédiateté commode d’une manière de dire, acceptée sans contrôle, une définition rigoureuse des « niveaux et champs théoriques de pertinence de la notion de lecture appliquée au tableau » était tenue pour nécessaire.

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