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La guerre de Hollande dans le programme iconographique de la grande galerie de Versailles

Christophe Pincemaille

Christophe Pincemaille, "La guerre de Hollande dans le programme iconographique de la grande galerie de Versailles", dans Histoire, économie & société, année 1985, volume 4, numéro 3, pp. 313 - 333.

Extrait de l’article

De nos jours, la popularité de Louis XIV tient en partie à la force de sa légende, qui, grâce au prestige de Versailles, reste bien vivante dans les consciences modernes. Le Roi-Soleil a effacé le Louis XIV historique, dont on ne retient volontiers que l’image d’un prince magnifique et guerrier. Le mythe louisquatorzien trouve peut-être son origine dans la vaste fresque épique, que représente le programme iconographique de la Galerie des Glaces. De toute évidence, les promoteurs de cette entreprise subordonnèrent leurs préoccupations artistiques aux exigences politiques. La Galerie des Glaces, conçue comme une sorte de grand livre imagé de l’histoire du Roi, offre à l’historien de précieux renseignements sur les convictions et la sensibilité idéologique de l’entourage royal, dans les années 1678-1680.

Ce programme illustre, en effet, les dix-sept premières années du règne personnel de Louis XIV (1662-1678), et s’articule autour de deux thèmes principaux, qui relèvent de l’unique ambition de célébrer sa gloire. Sur un ensemble de vingt-sept tableaux, dix-sept sont consacrés à la politique extérieure, et dix, seulement, traitent des affaires intérieures. Louis XIV y apparaît comme un prince réformateur, restaurateur de l’autorité et du prestige de l’État, et surtout comme un souverain qui a réussi à imposer à ses voisins la prééminence de son royaume, et à plier l’Europe à l’ordre qu’il a conçu pour elle. Ce programme développe donc avant tout un discours sur la politique extérieure du roi, et plus particulièrement sur la Guerre de Hollande, qui vient de consacrer ses desseins. Ce thème occupe les neuf plus grandes compositions de la voûte, réparties sur toute sa largeur et sa longueur, ainsi que sur les arcades des extrémités de la Galerie. A elles seules, elles représentent au moins les deux tiers de l’ensemble de la surface peinte, et l’importance accordée à la Guerre de Hollande marque bien sa primauté symbolique au sein même du programme iconographique.

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