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Monuments éphémères : les entrées royales

Pascal Lardellier

Pascal Lardellier, Monuments éphémères : les entrées royales, dans Cahiers de médiologie, année 1999, numéro 7 (La confusion des monuments), pp. 239-245.

Extrait de l’article

« Commander, c’est d’abord parler aux yeux », affirmait Napoléon. Louis XIV fut qualifié de « roi des revues », tant il prenait plaisir à parader à cheval devant la Cour. La République n’a pas évincé tous ces oripeaux rituels, loin s’en faut. Des ors de l’Élysée aux grandes rentrées parlementaires et à la « promenade du Panthéon », elle recèle encore nombre de ces cérémonials qui semblent avoir pour mission de faire admirer ceux qui détiennent le pouvoir, faisant passer ce pouvoir de l’entité à l’identité. Car le rite politique, par-delà ses fonctions, dispense une onction dans laquelle le monument joue un rôle essentiel.

L’entrée royale, rite politique majeur

La Renaissance connut l’apogée de ces rites de mise en scène du pouvoir au premier rang desquels on trouve les Entrées royales. Le modèle perdure depuis plus de vingt siècles, puisqu’il trouve ses origines à Athènes et à Rome. Ce rite consistait, pour une ville, à accueillir officiellement un souverain ou un haut dignitaire, dans un décor architectural et théâtral apprêté pour l’occasion. A contrario du sacre ou des funérailles royales, qui étaient exceptionnels, l’Entrée se caractérisait par sa fréquence dans le règne (en tout cas jusqu’au début du XVIIe siècle) ; et surtout par une adaptation toujours pragmatique de sa dimension artistique (c’est-à-dire architecturale, iconographique et rhétorique) à la conjoncture politique qui, souvent, avait présidé à cette entrée.

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