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Philibert De l’Orme à Paris. Le Palais de la Cité, les fêtes de 1549 et 1559

Jean-Marie Pérouse de Montclos

Jean-Marie Pérouse de Montclos, "Philibert De l’Orme à Paris. Le Palais de la Cité, les fêtes de 1549 et 1559", dans Revue de l’Art, année 1996, volume 114, numéro 114, pp. 9-16.

Extrait de l’article

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Tour d’abord, il importe de revoir d’assez près les titres conférant à De l’Orme autorité sur l’ensemble du domaine royal. Les meilleurs auteurs, dont H. Clouzot, affirment que le 3 avril 1548 Henri II donna à De l’Orme, avec le titre de son architecte, la direction de tous les bâtiments royaux, à l’exception du Louvre réservé à Lescot, ce qui constituait de fait une surinten­dance des bâtiments. En vérité, les lettres du 3 avril 1548 confiaient seulement à De l’Orme une mission d’inspection avec délégation des fonctions de maître d’ouvrage pour un certain nombre d’édifices nommé­ment désignés, parmi lesquels ne figurait pas le Palais de la Cité. Ce sont les lettres du 12 juillet 1559 nommant Primatice à la place de De l’Orme qui qualifie la fonction de ce dernier de « superintendance des bâtiments royaux », le Louvre en étant alors explicitement exclu. On peut supposer une progressive extension des attributions de De l’Orme désigné dans les actes concernant lesdits édifices comme « Commis­saire ordinaire et député [par le roi] sur le fait de ses bâtiments ». Mais De l’Orme a un autre titre, qui en définitive est de plus de poids : d’architecte ordinaire du dauphin, il est devenu, à l’avènement d’Henri II, architecte ordinaire du roi, comme le prouve la rédac­tion de tous les actes dans lesquels il figure.

Si l’on s’en tenait aux mentions des comptes des bâtiments (ceux-ci ne sont connus, on le sait, que par une transcription de la fin du XVIIe s.), les travaux exécutés du temps d’Henri II au Palais de la Cité et à l’occasion des fêtes seraient très secondaires. Mais les nombreux actes signés De l’Orme découverts dans le minutier des notaires par Maurice Roy et par Catherine Grodecki, auxquels ne correspondent aucune mention dans les comptes, témoignent au contraire d’une im­portante activité. Ni le minutier des notaires, ni les collections privées, d’où ressortent de temps en temps quelques actes, n’ont sans doute livré toutes les infor­mations qu’ils recèlent. Cela nous autorise, semble-t-il, à procéder à quelques extrapolations en attribuant sur titre à l’architecte du roi les principaux ouvrages exé­cutés dans les établissements royaux, fors le Louvre, entre 1548 et 1559. Cette méthode ne produit pas des certitudes, mais quelques fortes présomptions.

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