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La France dans le « Grand Tour » des nobles russes au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle

Wladimir Berelowitch

Wladimir Berelowitch. La France dans le « Grand Tour » des nobles russes au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Cahiers du Monde Russe, 1993, n° 1, pp. 193-209.

Extrait de l’article

À partir de la fin du règne d’Elisabeth, se rendre en Europe occidentale devenait peu à peu une occupation normale pour les aristocrates russes. Le voyage éducatif en Europe n’avait certes pas été inventé par eux et à l’époque que nous évoquons, le « Grand Tour » - expression anglaise apparue à la fin du XVIIe siècle - demeurait un phénomène commun aux noblesses européennes. La France, et particulièrement Paris, étalon du goût, des manières, de la vie de Cour, et dans une certaine mesure de la culture, en était une étape privilégiée. Sur ce point, les nobles russes ne dérogeaient pas à la règle commune, bien au contraire : l’on pourrait dire que le voyage européen prenait dans leur vie, leur formation, leur image de marque, voire, parfois, dans leur carrière, une importance qu’il n’atteignait probablement pas ailleurs.

Qui étaient ces voyageurs ? Sans exposer en détail les résultats (du reste provisoires) de notre enquête, ce qui nous conduirait à reproduire un catalogue fastidieux de noms, nous nous bornerons ici à présenter des observations générales, illustrées par quelques exemples. Et d’abord ce constat : en dehors des voyageurs « professionnels » qui venaient en France pour apprendre ou perfectionner leur art (architectes, médecins, peintres et sculpteurs, artisans d’art), les « touristes » russes furent des membres éminents de la znať, autrement dit de cette haute noblesse qui commençait alors à vivre son âge d’or.

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