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"Par commandement et selon devys d’icelle dame” : Catherine de Médicis commanditaire de portraits

Alexandra Zvereva

Alexandra Zvereva, « Par commandement et selon devys d’icelle dame ” : Catherine de Médicis commanditaire de portraits », in Sabine Frommel et Gerhard Wolf (dir.), Il Mecenatismo di Caterina de’ Medici. Poesia, feste, musica, pittura, scultura, architettura, Kunsthistorisches Institut in Florenz, Max-Planck-Institut, École pratique des hautes études, Venise, Marcilio, 2008, p. 215-228. Article mis en ligne le 04 janvier 2009.

Extrait de l’article

Comme tous les Beaune, la jeune Claude vit son avenir s’assombrir le 11 août 1527, lorsque son grand-père, Jacques de Beaune, baron de Semblançay, ancien surintendant des finances, fut supplicié au gibet de Montfaucon. La procédure d’appel échoua et la Tour Carrée entérina la confiscation de tous les biens de la famille. Martin, l’archevêque de Tours et fils cadet du baron, mourut « d’ennuy et mélancolie ». L’aîné, Guillaume – le père de Claude –, général des finances et bailli de Touraine, fut reconnu coupable de lèse-majesté et fuit le royaume ; quoique pardonné en 1529, il mourut en exil à Maastricht deux ans plus tard.

La mort de Louise de Savoie, puis celle du chancelier Duprat en juillet 1535, rendit enfin possible la réhabilitation des Beaune, effective dès 1536, et leur retour à la cour. Mais si Claude, comme toutes les jeunes filles, rêvait d’un beau mariage, c’est à son premier médecin, Louis Bourgeois, sieur de Montgauguier et de Moléans, anobli en décembre 1518, veuf et de quarante ans son aîné, que François Ier l’unit avant de la nommer dame d’honneur des Mesdames (Marguerite de France et Catherine de Médicis). Et pourtant, c’est elle, personne somme toute insignifiante du monde courtisan, qui, quelques mois seulement après la mort du vieux souverain, posa pour le portraitiste royal François Clouet, privilège dont son époux et nombre de personnages autrement plus éminents ne bénéficièrent jamais.

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