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La fontaine dans les spectacles des entrées royales au temps de Charles VIII (1484-1498)

Vincent Terrasson de Fougères

Vincent Terrasson de Fougères, La fontaine dans les spectacles des entrées royales au temps de Charles VIII (1484-1498), dans Michel Olsen, Erik H. Swiatek (éd.), Actes du XVIe Congrès des Romanistes Scandinaves, 2006.

Extrait de l’article

Elèment incontournable de l’univers urbain, la fontaine est également une figure (allégorique ou architecturale) omniprésente dans l’iconographie et la littérature, un rôle dont les spectacles échafaudés pour les entrées royales à la fin du XVe siècle se font l’écho. Parfois située sur le parcours suivi par le cortège, une des fontaines de la cité organisatrice pouvait servir de support naturel à un spectacle, mais la fontaine pouvait aussi être une réalisation éphémère. Les différentes entrées de Charles VIII comportent, pour la plupart, un mystère incluant une fontaine. La fontaine de Jouvence présentée à Reims (1484), Le dict de la Fontaine à Troyes en 1486, la fontaine d’arbitre libéral réalisée à Vienne en 1490, le traditionnel spectacle du lis de France s’élevant sur la Fontaine du Ponceau lors des deux entrées parisiennes, et le tableau vivant intitulé la Nouvelle Eaue celique élaboré à Rouen en 1485. De par sa richesse symbolique, la fontaine permet de scénographier de nombreux thèmes. Elle peut, par exemple, représenter la ville organisatrice irriguant de ses vertus le royaume, ou se rapporter à la christomimésis du pouvoir et aux attentes de paix se cristallisant sur Charles VIII. La fontaine doit être envisagée comme un prisme permettant d’appréhender non seulement la créativité des fatistes, le dialogue entre le roi et les villes du royaume, mais aussi l’élaboration d’une mystique monarchique à la fin du XVe siècle...

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