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A la manière de Fouquet : le livre d’heures inédit de Jehan Boudet, contrôleur des finances du duc d’Orléans (†1493)

Pascale Charron

Pascale Charron. A la manière de Fouquet : le livre d’heures inédit de Jehan Boudet, contrôleur des finances du duc d’Orléans (†1493). Revue de l’Art, Centre National de la Recherche Scientifique, 2005, 1 (147), pp.45-56. ⟨halshs-00949743⟩

Extrait de l’article

Cet article présente l’étude d’un livre d’heures inédit, à l’usage de Tours, acquis en 1997 par la Bibliothèque Municipale de Tours (ms 2285). Contenant soixante-seize images accompagnées de bordures florales, ce manuscrit présente un ex-libris sous la forme d’une anagramme (IVA DE BONHET) dissimulant le nom de Jehan Boudet qui fit carrière auprès du duc d’Orléans comme contrôleur des finances et dont l’activité est circonscrite autour des années 1470-1493. L’adoption de ce type particulier de marque de propriété répond à un usage très répandu dans le milieu des fonctionnaires royaux au cours de la seconde moitié du XVe siècle et plus particulièrement dans des manuscrits attribués à Jean Fouquet ou mis en oeuvre dans la mouvance de sa production. C’est ainsi le cas du manuscrit tourangeau dont les formules iconographiques comme la technique et le style renvoient à ce milieu. Des citations très précises de l’œuvre de Fouquet sont en effet observables dans certaines images. L’Annonciation se présente comme une recomposition des schémas mis en place dans les grands manuscrits fouquettiens que sont les Heures d’Antoine Raguier ( ?) et de Jean Robertet et les Heures d’Etienne Chevalier. La Déposition étant quand à elle apparentée à la grande Pietà de Nouans. Attribué dans un premier temps au Maître du Missel de Yale, cette oeuvre doit être désormais rattachée avec certitude au milieu tourangeau sans être cependant associé à la production de cet artiste dont il s’éloigne par le type physique des personnages et la maladresse avec laquelle certains prototypes ornementaux sont restitués. Il correspond toutefois à une production bien spécifique de codices créés " à la manière " de Jean Fouquet, répondant à l’engouement des fonctionnaires princiers pour l’art du grand maître tourangeau dans les années 1470-1480.

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