Accueil / Historiographie et méthodologie / Paléographie et archivistique / Etudes modernes / Les règles de Cicco Simonetta pour le déchiffrement

Les règles de Cicco Simonetta pour le déchiffrement des écritures secrètes (4 juillet 1474)

Paul-Michel Perret

Paul-Michel Perret, "Les règles de Cicco Simonetta pour le déchiffrement des écritures secrètes (4 juillet 1474)", dans Bibliothèque de l’école des chartes, 1890, n° 1, pp. 516-525.

Extrait de l’article

Le manuscrit italien 1595 de la Bibliothèque nationale contient, du folio 438 au folio 446, des fragments d’un prétendu diario de Cicco Simonetta, secrétaire et conseiller des trois premiers ducs de Milan de la dynastie de Sforza. Les folios 438, 439 et 440 sont remplis par des minutes de comptes ; les folios 442, 443, 444, 445, 446, par des catalogues de livres ou de manuscrits ou des minutes de lettres ; enfin le folio 441 tout entier et le recto du folio 442, par les Régule ad extrahendum litteras ziferatas sine exemplo, qui font la matière du présent travail. Dans ces fragments, on le voit, il y a un peu de tout, des notes de toutes sortes plutôt qu’un journal, et la dénomination de diario qui leur a été assignée, soit par le classificateur, soit par le possesseur ancien du manuscrit en question, serait tout à fait impropre, si la plupart d’entre eux n’étaient datés du quantième et du mois. Quant à leur attribution à Simonetta, elle nous paraît devoir prêter moins à controverse. (...)

D’ailleurs cette discussion n’a, suivant nous, qu’un intérêt secondaire ; ce qu’il importe, c’est d’étudier les règles de Simonetta elles-mêmes de façon à définir leur nature et à déterminer leur but et leur utilité.

Elles ont été rédigées à Pavie le lundi 4 juillet 1474. Cette date est digne de remarque, car c’est le moment où les correspondances chiffrées commencèrent à prendre de l’extension en Italie. En effet, l’usage de la cryptographie, qui remonterait à l’antiquité la plus reculée, qui aurait été commun chez les Grecs et les Romains, dont les documents wisigothiques offrent de nombreux spécimens, dont on rencontre aux archives de Venise deux ou trois exemples du xiif siècle et plusieurs du XIVe, ne devint pas général en Italie avant le courant du XVe ; mais alors les écritures secrètes se multiplient. Toutefois à cette époque, qui est comme l’enfance de l’art cryptographique, tous les systèmes d’écriture secrète dérivent du même principe (...)

Lire la suite (Persée)