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Publish and perish. La définition légitime des sciences sociales au prisme du débat sur la crise de l’édition SHS

Bruno Auerbach

Bruno Auerbach, "Publish and perish. La définition légitime des sciences sociales au prisme du débat sur la crise de l’édition SHS", dans Actes de la recherche en sciences sociales, n° 164, 2006/4.

Extrait de l’article

Si la production scientifique et sa vulgarisation se partagent entre l’article de revue spécialisée et le livre – suivant en cela le modèle importé des sciences « dures » –, ce dernier support occupe toujours en sciences sociales une place centrale tout autant qu’ambiguë, entre science et culture. Le débat, récurrent depuis une vingtaine d’années, sur la crise de l’édition en sciences humaines et sociales (SHS) est emblématique de cette tension.

En opposant un « âge d’or » des sciences humaines (1960 – 1975 environ) et une phase continue de décadence, les tenants de la thèse de la crise et de la désaffection estudiantine pour le livre ont largement préparé le terrain à la démythification. C’est cependant moins parce qu’elle met en évidence la faiblesse et les incohérences de l’argumentaire qu’une mise à plat de la situation éditoriale des sciences sociales s’impose, mais parce qu’elle révèle les contradictions des dispositifs de communication de la recherche SHS et – à travers l’hétérogénéité du lectorat que leurs contraintes matérielles de diffusion les incitent à viser – celles du statut de ces disciplines. La mise en cause par les éditeurs de l’« ésotérisation » des ouvrages, à laquelle renvoie la baisse des tirages, conduit ainsi à localiser le véritable enjeu de la controverse autour de l’hiatus entre l’offre des chercheurs et les attentes des éditeurs plutôt que sur une hypothétique évolution des pratiques de lecture étudiantes.

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