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La Maison de Savoie à cheval sur les Alpes

Jean-Louis Rieusset

Rieusset, Jean-Louis, La Maison de Savoie à cheval sur les Alpes, Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, 2011, conférence n° 4132, Bull. n° 42, p. 17-26.

Extrait de l’article

Les Alpes constituent une formidable barrière en particulier entre l’Italie et la France. La traversée de leurs cols par des armées a donné lieu à des exploits depuis Hannibal avec ses éléphants jusqu’à Bonaparte avec ses canons et la frontière actuelle suit comme naturellement leur dorsale sommitale. Et pourtant, tant que dura la République Romaine, elle n’arriva pas à supprimer, entre le bassin du Pô et la province « sénatoriale » occidentale bientôt nommée Narbonnaise, une césure correspondant aux Alpes. C’est Auguste qui prit le contrôle effectif du massif et en fit une province « impériale » divisée, pour plus d’efficacité, entre trois gouvernorats du Nord au Sud : les Alpes Pennines, les Alpes Cottiennes et les Alpes Maritimes. Elles furent ensuite incluses, entre autres, dans l’Empire Carolingien, la Lotharingie, le Royaume de Bourgogne ou d’Arles sous la suzeraineté de l’Empire Germanique… Mais elles restèrent mal contrôlées car elles multiplient les obstacles d’un vaste pays très compartimenté, enneigé et boisé. Ses principales vallées étaient autrefois occupées par des glaciers qui descendaient alors jusqu’à la plaine. Leurs énormes masses en mouvement lent en rabotaient le fond et les flancs. Leur retrait fut le fruit de plusieurs périodes de réchauffement, laissant les vallées en forme de U, à fond plat, tronçonnées par un au plusieurs verrous rocheux (les cluses) où la rivière s’est creusé un passage très étroit, comme dans l’amoncellement des débris poussés jadis devant lui par le glacier, sa moraine frontale. Par ailleurs les cols permettant de passer d’une vallée à l’autre sont souvent très élevés et rendus impraticables une partie de l’année par la neige. Chaque bassin tend donc vers l’autarcie et les irrédentistes ou hérétiques y ont maintes fois trouvé refuge.

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