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Morgue, fée de cour ? La féerie courtoise dans le ’Livre des Visions’ d’Oger le Dannoys au royaulme de Fairie de François Habert 

Alexandra Hoernel

Hoernel, Alexandra, « Morgue, fée de cour ? La féerie courtoise dans le ’Livre des Visions’ d’Oger le Dannoys au royaulme de Fairie de François Habert », Le Moyen Age, 2/2010 (Tome CXVI), p. 319-333.

Extrait de l’article

L’opposition fondatrice proposée par L. Harf-Lancner, des figures morganienne et mélusinienne a montré que, à l’origine, les fées ne se mêlent pas naturellement au monde des humains. D’ordre matrimonial, les unions entre mortels et êtres surnaturels sont toujours vouées à l’échec, du fait de leur disparité ontologique. Cependant, par un mouvement d’assimilation réciproque, le monde de la féerie et celui de la cour (et de la courtoisie) semblent se confondre à la fin du Moyen Âge. Ainsi, la cour de Morgue, censée être une fée malveillante, apparaît comme le reflet quasi parfait de la société courtoise, où règnent paix, joie et amour. Le phénomène tient à deux faits d’écriture : d’une part, une ritualisation, produit d’un récit spectaculaire qui intègre la féerie à un cérémonial collectif, orchestré dans le réel, comme dans la fiction ; d’autre part, une « rationalisation », qui intègre les figures de la féerie, soit en les rendant exemplaires (comme modèles de relations courtoises), soit en les rapportant à des valeurs allégoriques (figure de Fortune).

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