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Le porcher au palais : Kalila et Dimma, le Roman de Fauvel, Machaut et Boccace

Nancy Freeman Regalado

Freeman Regalado, Nancy, "Le porcher au palais : Kalila et Dimma, le Roman de Fauvel, Machaut et Boccace", Études littéraires, vol. 31, n° 2, 1999, p. 119-132

Résumé de l’article

La transtextualité réveille des « mémoires » par un jeu d’échos de citations et d’images formant un réseau dans l’imaginaire médiéval qui à son tour permet de saisir les valeurs, les désirs et les craintes d’une époque. Il est rare cependant de pouvoir capturer sur le vif les petites phrases qui ressortissent à la circulation orale et au moment. La petite phrase politique naît d’une circonstance et finit le plus souvent avec elle, comme le mot qu’on attribue à Marie-Antoinette en 1789 — « Qu’on leur donne donc de la brioche ! » — ou la phrase "Read my lips" du Président George Bush. Rien de plus éphémère que la petite phrase politique : elle ne dure pas comme la locution, création anonyme d’usage courant ; son autorité ne s’accroît pas avec le temps et la répétition comme celle du proverbe. Passagère comme le slogan, elle n’est pas forcément créée pour porter un programme politique. Elle est révélatrice cependant des grandes questions qui occupent les esprits à un moment particulier : elle exprime une mentalité ; elle peut menacer un pouvoir, faire crouler un régime. Mais, à moins de devenir un « mot historique » comme celui de Marie-Antoinette, la petite phrase du moment passe avec son temps.

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