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La médecine et Bossuet (1627-1704), un précepteur anatomiste et physiologiste

Pierre Charon

Charon, Pierre, La médecine et Bossuet (1627-1704), un précepteur anatomiste et physiologiste Bossuet (1627-1704), Histoire des sciences médicales, 2016, 50 (2), p. 109-114

Extrait de l’article

Quels rapports ce grand prélat, grand prédicateur et écrivain religieux, que fut Jacques Bénigne Bossuet, a-t-il entretenus avec la médecine ? Écartons d’emblée ceux qu’il eut en tant que malade à la fin de sa vie à partir de 1699, antérieurement étudiés, pour nous consacrer à un aspect un peu moins connu de son œuvre - cependant déjà évoqué par Le Double -, ce qu’il rédigea sur la connaissance du corps en sa qualité de précepteur du Dauphin.

Bossuet précepteur du Grand Dauphin
Alors qu’il était évêque de Condom depuis le 13 septembre 1669, et après avoir prononcé le 16 novembre l’oraison funèbre d’Henriette-Marie de France, reine d’Angleterre, et quelques mois plus tard, le 21 août 1670 celle de la belle-sœur de Louis XIV, Madame, Henriette Anne d’Angleterre, Bossuet est nommé précepteur du Dauphin le 11 septembre, aussitôt après la mort, le 1er septembre 1670, du président Périgny, fonction qu’il remplira pendant dix années. Ce préceptorat le conduisit à rédiger plusieurs ouvrages destinés à l’éducation du prince  : 1° le Traité philosophique sur l’Existence de Dieu et sur la nature de l’âme humaine ; 2° le Discours sur l’Histoire universelle, où l’on voit la suite des religions et des empires ; 3° la Politique tirée de l’Écriture Sainte. C’est le premier de ces livres qui nous intéresse ici. Il a été publié sous le titre d’Introduction à la philosophie bien des années après la mort de Bossuet, en 1722 pour la première fois d’après une copie retrouvée dans les papiers de Fénelon, à qui Bossuet l’avait communiqué pour servir à l’éducation du duc de Bourgogne, fils ainé du Grand Dauphin ; puis une édition parut en 1741, publiée par le même neveu devenu évêque de Troyes. Désormais intitulé De la connaissance de Dieu et de soi-même, il comporte quatre chapitres : le premier “De l’âme”, le deuxième “Du corps”, le troisième “De l’union de l’âme et du corps” et le quatrième “De Dieu créateur de l’âme et du corps et auteur de leur vie”. Seul le chapitre II nous intéresse dans le cadre de cette étude. Il est le premier traité d’anatomie et de physiologie humaine rédigé en français par un non-médecin.

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