Hauptseite / Geschichte und Funktion / Erziehung und Bildung / Moderne Studien / Le lait et la vertu : Définir la « nourriture » (...)

Le lait et la vertu : Définir la « nourriture » de la petite enfance dans les traités français et anglais sur la noblesse au XVIIe siècle

Camille Pollet

Camille Pollet, "Le lait et la vertu : Définir la « nourriture » de la petite enfance dans les traités français et anglais sur la noblesse au XVIIe siècle", Histoire culturelle de l’Europe, 2, 2017

Extrait de l’article

Pourtant très riche, l’historiographie de la noblesse fait peu de place à la petite enfance. C’est peut-être dans un livre d’histoire qui ne se présente pas comme un livre sur les élites nobiliaires qu’il est le plus question des « bambins » de l’aristocratie à l’époque moderne, et cette présence thématique de la noblesse s’y explique sans doute par un effet de source. Dans L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Philippe Ariès a en effet appuyé son travail sur des écrits nobiliaires comme des traités normatifs tels que ceux de Baldassare Castiglione, de François de Grenaille, de Laurent Bordelon et de Jacques de Callières ou des correspondances telles que celle de Madame de Sévigné. Noblesse et petite enfance ne sont presque jamais questionnées ensemble par la recherche alors que les sources abondent. La petite enfance, qui correspond aux toutes premières années de la vie, avant l’âge de l’entrée en scolarité situé vers six ou sept ans, fournit pourtant un angle d’étude particulièrement éclairant pour l’histoire sociale comme pour l’anthropologie historique du second ordre. L’étude de la croyance selon laquelle des qualités nobiliaires étaient transmises par le sang puis par l’éducation a notamment bénéficié des apports d’Arlette Jouanna avec L’Idée de race en France au XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, et d’Ellery Schalk dans L’Épée et le Sang, des travaux importants dont plusieurs limites ont cependant été relevées. Ces recherches laissent largement de côté les « pitchouns », hormis quelques lignes consacrées par Arlette Jouanna à la question de l’allaitement. Plutôt qu’une histoire des idées ou des mentalités qui prendrait appui sur des sources écrites pour y voir des exemples transparents de représentations partagées dans la société, cet article dressera ici une brève histoire de quelques actions d’écriture, en situant l’écriture de ceux qui ont rédigé des traités sur la noblesse et sur sa prime éducation parmi d’autres actions, les leurs et celles de leurs contemporains.

Lire la suite (unicaen.fr)