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En marge de l’ambassade de Saint-Simon : six lettres de Madame Palatine au Prince des Asturies

Dirk Van Der Cruysse

Van Der Cruysse, Dirk, "En marge de l’ambassade de Saint-Simon : six lettres de Madame Palatine au Prince des Asturies", Cahiers Saint Simon, n° 16, 1988. Ambassades et visites d’Etat saint-simoniennes, p. 49-60.

Extrait de l’article

Rien de plus naturel que la présentation dans un contexte saint-simoniste de six lettres inconnues de Madame au prince des Asturies écrites à l’occasion du double mariage franco-espagnol qui conduisit Saint-Simon en Espagne. Madame n’était jamais loin de l’esprit de l’ambassadeur extraordinaire qu’elle avait chargé de compliments, et qu’on chargeait de compliments pour elle. Malgré la longue conversation qu’il avait eue avec elle à Saint-Cloud après le lit de justice du 26 août 1718, Saint-Simon ne laissait pas de se sentir mal à l’aise en présence de la Princesse dont il avait reçu dans le passé quelques coups de bec bien mérités d’ailleurs. Je me suis occupé ailleurs de leurs rapports ; qu’il suffise ici de relever la manière réservée dont le duc rend compte de ces compliments présentés et reçus.

Ayant rencontré à Bayonne Marie-Anne von Neuburg, veuve de Charles II, lointaine parente et correspondante de Madame, il écrit le 10 novembre 1721 au Régent : «Elle s’informa ensuite de votre santé, et à plusieurs reprises de celle de Madame, ce qu’elle a répété aujourd’hui quand j’ai eu l’honneur de prendre congé d’elle. Elle m’a autant de fois chargé de lui faire ses compliments avec de grands témoignages d’amitié. J’espère, Monseigneur, que V.A.R. voudra bien me faire la grâce de m’acquitter de cette commission envers Madame que je n’ose prendre la liberté d’importuner d’une lettre pour cela seul ». C’est bien dommage ; une correspondance entre Saint-Simon et Madame nous aurait tous comblés. A peine arrivé à Madrid, le duc rend compte au Régent, le 24 novembre, de la première audience que viennent de lui accorder Leurs Majestés Catholiques : «J’eus l’honneur de leur faire les compliments de Madame, de la santé de laquelle elles s’informèrent aussi avec beaucoup d’amitié, et le roi d’Espagne se souvint, avec reconnaissance, de toute celle que Madame lui a témoignée dans sa jeunesse ; elles (...) me chargèrent de faire beaucoup de compliments à Madame, à V.A.R. et à Mme la duchesse d’Orléans, de tout quoi je me flatte que V.A.R. voudra bien m’acquitter envers ces princesses, pour leur épargner l’importunité d’une lettre. (...) Je vous supplie de vouloir bien dire à Madame que la première visite que j’ai faite à Madrid a été à Mme la comtesse de Solre, pour lui faire des compliments dont elle m’avait fait l’honneur de me charger ». Mentionnée nulle part dans la Correspondance de Madame, la comtesse de Solre, née de Bournonville, vivait séparée de son mari en Espagne où sa fille avait épousé le prince de Robecq. Elle sera camarera-mayor de la princesse des Asturies.

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