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Saint-Simon et le cérémonial de la cour d’Espagne

Hugo Coniez

Coniez, Hugo. Saint-Simon et le cérémonial de la cour d’Espagne, Cahiers Saint Simon, n° 39, 2011. Cérémonial, étiquette et politesse chez le duc de Saint-Simon, p. 47-58.

Extrait de l’article

Le plus féroce chroniqueur de la cour de Louis XIV fut aussi le peintre avisé de celle de Philippe V. Saint-Simon consacra à la vie des princes de Madrid des pages qui ne comptent peut-être pas parmi les plus célèbres des Mémoires, mais qui n’en sont pas moins essentielles pour comprendre la conception qu’il se faisait du cérémonial, de cette « mécanique » des cours sur laquelle il réfléchit mûrement sa vie durant, en tant que mémorialiste, mais aussi en tant qu’historien.

Le duc et pair pouvait difficilement ignorer les affaires espagnoles. La question de la succession de la monarchie d’Espagne domina les relations internationales pendant toute la période couverte par les Mémoires. Après 1715, elle aurait pu se changer en question de la succession de France si, comme beaucoup le craignaient, le jeune Louis XV était mort prématurément. Surtout, au cours de la Régence, les affaires d’Espagne permirent à Saint-Simon de jouer un rôle politique actif, en tant que partisan d’une alliance étroite entre les deux branches de la maison de Bourbon. C’est dans ce contexte qu’il fut chargé, en 1721, de négocier le double mariage du Roi Louis XV avec l’infante Marie-Anne Victoire et de Mlle de Montpensier avec Louis, prince des Asturies. Pendant six mois, il fut alors pleinement intégré à la vie de la cour de Madrid et fréquenta assidûment ses princes ; les Mémoires, particulièrement aux années 1701 et 1721, sont nourris des souvenirs que le duc engrangea alors...

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