Hauptseite / Hofalltag / Medizin, Wissenschaft und Forschung / Moderne Studien / Le cardinal de Richelieu et le mal de (...)

Le cardinal de Richelieu et le mal de Bordeaux

Jacques Battin

Battin, Jacques, Le cardinal de Richelieu et le mal de Bordeaux, Histoire des sciences médicales, 2012, 46 (3), p. 271-278 

Extrait de l’article

À Bordeaux, alors qu’il revenait en bateau de Toulouse, où il avait assisté à la décapitation du duc Henri II de Montmorency (1595-1632) condamné pour crime de lèsemajesté, parce qu’il avait soutenu la révolte de Gaston d’Orléans et celle du Languedoc, dont il était gouverneur héréditaire, Richelieu fut atteint de ce qu’il appela le mal de Bordeaux, en réalité une douloureuse rétention d’urine dont il fut soulagé par un habile chirurgien de cette ville.

Le cardinal et le roi

Évêque de Luçon par transmission familiale, le cardinalat, obtenu tôt en 1621, grâce à l’influence de la reine mère Marie de Médicis, fit entrer Richelieu (1585-1642) au Conseil du roi. Pendant près de vingt ans et sans interruption, de 1624 à 1642, Louis XIII (1601-1643), et Richelieu, un des six principaux ministres - en fait rapidement le Principal, mais sans jamais être appelé Premier Ministre - avaient un objectif commun énoncé par Richelieu dans son Testament politique : renforcer le pouvoir royal, qui devint l’État absolu au règne suivant en réduisant à l’obéissance les Grands du royaume, ainsi que les huguenots du Béarn et de La Rochelle qui formaient un parti menaçant l’unité nationale, prêt à la sécession et au rapprochement avec les huguenots étrangers. Après quoi, Richelieu s’attaqua à l’hégémonie des très catholiques Habsbourg d’Espagne et d’Autriche, n’hésitant pas dans sa real politik à s’allier aux princes luthériens pour libérer la France de cet étau. Les maximes de son Testament politique sont toujours d’actualité : “La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire et faire une loi et ne pas la faire exécuter, c’est admettre la chose que l’on veut défendre”. Il forgea l’unité nationale, préfigurant l’État Nation de la Révolution française et le centralisme politique. L’ambition de Richelieu pour la France fut d’une essence comparable à celle de Georges Clémenceau et Charles de Gaulle.

Lire la suite (biusante.parisdescartes.fr)