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La Renaissance en Auvergne : architecture et décor

Annie Regond

Annie Regond, "La Renaissance en Auvergne : architecture et décor", dans Bulletin de l’Association d’études sur l’humanisme, la réforme et la renaissance, année 1984, volume 19, numéro 19, pp. 15-24.

Extrait de l’article

Dans le domaine artistique, pour le grand public et quelquefois pour le spécialiste, l’Auvergne est une région dont la période de rayonnement maximum est l’époque romane ; cependant la fin du Moyen-Age et la Renaissance ont vu de nombreuses créations, qui jusqu’à ces dernières années n’avaient fait l’objet que d’études ponctuelles.

Le contexte historique de la région (au sens administratif actuel, c’est- à-dire les départements de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de- Dôme) n’apparaît guère favorable, à première vue, à l’épanouissement des lettres et des arts. Depuis le XVe siècle jusqu’à 1527, l’Auvergne était soumise aux ducs de Bourbon et cette situation prit fin avec la « trahison » du Connétable de Bourbon et la confiscation de ses biens par la couronne. Dès les années 1535, l’influence de la Réforme commence à se faire sentir, mais ce n’est qu’à partir de 1560 que l’Auvergne connaît de véritables faits de guerres comme la bataille de Cognât en 1568, les sièges de Thiers et d’Issoire qui étaient devenues le refuge des Réformés pourchassés, les dévastations du capitaine Merle en 1581, etc... Avant l’avènement d’Henri IV et l’Edit de Nantes, la province était en plein désordre, d’autant que les ligueurs, dirigés par le comte de Randan, avaient convoqué une assemblée des villes de Basse-Auvergne, provoquant ainsi la rupture entre les villes ligueuses et les villes fidèles au roi. Si l’on ajoute que la disette sévissait à Aurillac en 1569, la peste à Issoire en 1564-65, et dans toute la région en 1588, on devine que Panière-plan était particulièrement sombre. Toutefois certains petits et moyens seigneurs ruraux, vivant sur leurs terres, connaissent malgré tout une certaine prospérité et seront les principaux commanditaires des œuvres. Le clergé constitue également une classe sociale puissante en Auvergne à cette époque. En effet, l’évêque du Puy était seigneur de la ville, et, il en était de même à Clermont jusqu’à ce qu’en 1552, Catherine de Médicis se fasse attribuer la seigneurie ecclésiastique par le Parlement. Cependant Jacques d’Amboise et Guillaume Duprat avaient été de grands prélats. Certaines abbayes étaient encore fort prospères, au point de susciter, comme La Chaise-Dieu, la convoitise des Huguenots, qui dépouillèrent la façade occidentale de l’église de presque tout son décor sculpté. Guillaume Duprat introduisit dans la région les Minimes en 1560 et surtout les Jésuites en 1561.

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