Accueil / Vie quotidienne / Médecine, sciences et savoirs / Etudes modernes / La Fontaine et les médecins. La querelle du (...)

La Fontaine et les médecins. La querelle du quinquina. De Dieuxivoye à Blégny.

Paul Delaunay

Paul Delaunay, « La Fontaine et les médecins. La querelle du quinquina. De Dieuxivoye à Blégny », dans Bulletin de la Société française d’histoire de la médecine, n° 03, 1904, pp. 129-152.

Le Dauphin est malade, les médecins et les traitements traditionnels sont impuissants. Louis XIV fait alors appel à une nouvelle panacée.

Extrait de l’article

Dans l’« ample comédie à cent actes divers » dont La Fontaine a écrit les rôles, on voit assez rarement passer la robe noire du médecin ; on dirait presque que le fabuliste a laissé le soin de cette satire à son commensal du Cabaret de la Pomme-de-pin, à molière. UN jour pourtant, délaissant les faits et gestes de Maître Renard et de Jean lapin, il brossa une scène d’actualité médicale au sujet de la querelle, non moins fameuse que celle de l’Antimoine, qui partagea les médecins en adversaires farouches et en partisans convaincus du quinquina.
La découverte du quinquina était assez récente. La comtesse d’El Cinchon, femme du vice-roi du Pérou, étant tombé malade, fut guérie par l’écorce d’un arbre que l’on nomma Cinchona ; d’autres disent qu’un cacique enseigna ce précieux remède à un missionnaire de la Compagnie de Jésus miné par les fièvres. En tout cas, ce furent les jésuites qui importèrent en Italie et en Espagne, vers 1649, la poudre d’écorce de quinquina, qu’on nomma poudre des jésuites ou poudre de la comtesse ; en 1650, le cardinal Lugo la fit connaître en France. Mais cette drogue coûtait fort cher : en 1653, nous apprend Guy Patin, une malade paya quarante franc une seule prise de quinquina. A ce prix là, on lésinait sur la dose, et les falsificateurs avaient beau jeu ; aussi bon nombre de médecins, n’obtenant du nouveau produit aucun résultat thérapeutique, ne considérèrent les cures tant vantées par les novateurs que comme les amorces d’une spéculation fructueuse et charlatanesque : « Les fous y ont couru parce qu’on la vendait bien cher, écrit Patin à propos de la fameuse drogue, mais l’effet ayant manqué on s’en moque aujourd’hui. »

Lire la suite (medic@)