Accueil / Art et culture / Architecture, jardins et urbanisme / Etudes modernes / La création de Marly : les rôles de Charles Le (...)

La création de Marly : les rôles de Charles Le Brun, Jules Hardouin-Mansart et Louis XIV dans la conception de l’ensemble

Claudia Hartmann

Hartmann, Claudia, « La création de Marly : les rôles de Charles Le Brun, Jules Hardouin-Mansart et Louis XIV dans la conception de l’ensemble », dans Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, 2012

Résumé de l’article

L’originalité du château de Marly réside avant tout dans l’ordonnance de l’architecture en un système de pavillons et dans la décoration de toutes les façades par des fresques polychromes. D’un seul point de vue quantitatif, l’ensemble des projets de ce décor représente le groupe de dessins le plus important de la première phase de construction de Marly. Non seulement ces documents, parmi les plus anciens conservés, nous renseignent sur la première phase de la conception, mais, dans le cas du Pavillon royal, ils sont aussi la preuve qu’un processus de concertation eut lieu entre Le Brun et Mansart en vue d’harmoniser l’architecture et le système de décor feint. La tradition des décors de fêtes éphémères a sans aucun doute constitué la source d’inspiration principale de ce décor : les correspondances frappantes entre le premier projet d’ensemble pour Marly et l’Illumination du jardin de Versailles organisée en 1674 et 1676 – dont nous aimerions attribuer le projet à Le Brun –, qui a fortement fasciné Louis XIV, pour lequel elle représentait une sorte d’extension idéale du jardin de Versailles, suggèrent que ce décor a fourni le modèle de l’idée initiale de Marly. Parallèlement, le rôle de Mansart apparaît clairement comme celui d’un architecte extrêmement inventif qui donna au site sa forme architecturale concrète ; son projet d’une chartreuse sécularisée à des fins de retraite pour le monarque ne présente pas moins de caractères fantastiques. Le projet et la réalisation d’un concept aussi « risqué » à tous points de vue ne furent possibles que parce que son commanditaire y voyait la transposition idéale de ses souhaits personnels et de ses goûts esthétiques, dans un lieu jouissant d’une relative intimité.

Lire la suite (CRCV)