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1er fév. 2015, Lille : Le royaume de Naples à l’heure française. Revisiter l’histoire du "decennio francese", 1806-1815

Colloque international, Lille, 14-16 octobre 2015

APPEL À COMMUNICATIONS

L’Empire napoléonien n’a pas laissé qu’un héritage de guerres et de batailles. Dans les territoires conquis se sont élaborées de nouvelles expériences de gouvernement. Les règnes de Joseph Bonaparte (1806-1808) et de Joachim Murat (1808-1815) sur l’Italie du Sud ont ainsi confronté le royaume de Naples à une autre expérience politique qui se voulait résolument modernisatrice. L’ancien État bourbon qui avait déjà initié un certain nombre de mesures réformatrices a dû s’adapter à cette nouvelle donne géopolitique et idéologique.
Durant cette période de domination française qualifiée a posteriori comme decennio francese, la monarchie française d’occupation a contribué à la codification du droit et à la modernisation de l’outil militaire, en même temps qu’elle souhaitait porter un effort déterminant au maintien de l’ordre et à l’instruction populaire. Elle a également permis des mutations importantes dans le domaine culturel et artistique en autorisant le développement d’une école napolitaine spécifique au XIXe siècle. L’historiographie italienne la plus récente a notamment insisté sur le renouvellement des élites et des institutions, sur la mutation des pratiques politiques et sociales dans d’importantes études qui ont valorisé le cadre italien et méridional[1]. Prolongeant cette approche, le statut d’État vassal auquel l’Empire napoléonien voulait cantonner le royaume de Naples resté indépendant doit être interrogé et invite, dans l’esprit de travaux collectifs récents consacrés à l’Empire et ses héritages[2], à considérer le decennio francese dans une perspective transnationale franco-italienne et européenne.
Le bicentenaire de la fin du règne de Murat sera l’occasion de montrer la richesse de cette expérience politique et sociale en mettant en œuvre des circulations complexes (politiques, diplomatiques, économiques, artistiques et culturelles) dont la recherche actuelle montre la variété, par-delà celles directement provoquées par la guerre. Les travaux du colloque illustreront également les réactions d’adhésion ou les résistances que la monarchie française a provoquées dans la société méridionale. On pourra par exemple interroger les échos du bonapartisme français à Naples, confronté à la culture politique issue du réformisme des Lumières. La politique d’instruction publique, à laquelle le pouvoir muratien consacre une politique réformatrice ambitieuse grâce à des administrateurs comme Matteo Galdi (1765-1821) ou Giuseppe Zurlo (1757-1828), constitue un observatoire possible des rapports entre le nouvel État et la société méridionale. Des études pourront porter, à l’exemple de travaux récents menés pour d’autres espaces soumis à l’influence révolutionnaire et napoléonienne, sur la place et le rôle de groupes sociaux spécifiques comme les femmes ou les communautés d’étrangers. Enfin, une attention particulière sera accordée aux constructions mémorielles qu’a suscitées l’expérience muratienne, à son influence déterminante sur les structures politiques, sociales et mentales du XIXe siècle napolitain et, dans une moindre mesure, italien.

Les propositions de communications, de 2.000 signes maximum en français ou en anglais, sont à envoyer, accompagnées d’un bref curriculum vitae, avant le 1er février 2015 àdecennio.francese chez gmail.com.

Comité d’organisation
Rosanna Cioffi (Seconda Università Degli Studi di Napoli)
Pierre-Marie Delpu (Université Paris 1)
Renata De Lorenzo (Università Federico II)
Igor Moullier (ENS Lyon)
Anna Maria Rao (Università Federico II)
Mélanie Traversier (Université Lille 3).