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Paris, l’insurrection capitale

Jean-Claude Caron

Jean-Claude Caron (dir.), Paris, l’insurrection capitale, Champ Vallon, 2014, 259 p., ISBN 978287673 9970, 24 euros.

Légitimée à défaut d’être légalisée, l’insurrection est un recours possible. Elle comprend des degrés qui permettent d’ouvrir un large spectre à ses différentes manifestations. Entre sens propre et sens figuré, le mot couvre en effet des contestations très variées de formes d’autorité non moins variées. Les contributions réunies dans ce volume prennent en considération celles qui ont une couleur politique et sociale. L’insurrection suggère l’emploi de la violence armée. Elle s’accompagne d’images récurrentes parmi lesquelles la barricade occupe une place centrale. Elle incarne le triomphe de l’occupation de l’espace public par des forces politiques qui, s’opposant au pouvoir en place et, depuis l’avènement de la démocratie parlementaire, aux formes légales d’opposition, entendent s’en affranchir. D’Étienne Marcel à Mai 68 en passant par les guerres de Religion, la Fronde, les journées révolutionnaires de 1789 à la Commune de Paris, ou le soulèvement d’août 1944, la séquence insurrectionnelle apparaît propice à la production de récits partisans, soucieux de s’emparer de l’événement pour l’enraciner dans la mémoire collective.

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION
* Paris, capitale de l’insurrection
Jean-Claude Caron

PREMIERE PARTIE
Généalogie de l’insurrection, entre mémoire et imaginaire

* Perspectives sur la longue durée insurrectionnelle à Paris Mark Traugott
* Mai 1588 – août 1648. Les barricades parisiennes : une relecture politiste Robert Descimon
* Le Dix-Huit Mars 1871. Mémoires, écritures et inscription dans l’espace parisien Laure Godineau
* Comparer les massacres ? La boucherie de juin 1848 et la Semaine sanglante de mai Quentin Deluermoz
* L’insurrection fantasmée. Les projets de la Ligue des patriotes en 1898-1899 Bertrand Joly
* De l’insurrection mythique à des pratiques quasi insurrectionnelles dans les années 68 Michelle Zancarini-Fournel

DEUXIEME PARTIE
Par le mot et par l’image : les répertoires de l’insurrection

* Paris, « capitale des signes », vitrine de la révolution (juillet-octobre 89).
Sémiologie sociopolitique des protestations collectives Guillaume Mazeau
* « Aux armes ! », « Bravo ! Bravo ! », « Que d’horreurs ! ! » Écrire les cris d’insurrection (à propos des 5 et 6 juin 1832) Thomas Bouchet
* La parole insurrectionnelle José-Luis Diaz
* Les représentations iconographiques des insurrections et la question de leur légitimité (1830-1871) Éric Fournier

TROISIEME PARTIE
Souverainetés et espace insurrectionnel

* L’insurrection des Maillotins à Paris en 1382. Une révolte de la misère ? Claude Gauvard
* L’insurrection comme forme d’expérience politique à travers le prisme de la révolution parisienne de 1789 Haim Burstin
* Luttes pour les symboles et appropriations de souveraineté dans l’espace insurgé (1830-1848) Emmanuel Fureix
* Le 13 juin 1849 : l’insurrection qui ne vint pas Sylvie Aprile
* « Tu ne bouges pas, vieux Jacques » Comprendre l’échec des résistances parisiennes au coup d’État du 2 décembre 1851 Arnaud-Dominique Houte
* La rue parisienne à la reconquête de la souveraineté nationale ? Cortèges, violences et politique à Paris en janvier et février 1934 Jean-Étienne Dubois
* Août 1944 : l’insurrection contrôlée ? Charles Riondet

CONCLUSION
* Pertinence et actualité de l’insurrection Michèle Riot-Sarcey