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24 mars-21 juin 2015, Paris : François Ier. Pouvoir et image

Informations pratiques
Lieu : BNF, Site François-Mitterrand, galerie 1
Du mardi au samedi de 10h à 19h, dimanche de 13h à 19h
Fermé les jours fériés
Tarif plein : 9 €
Tarif réduit : 7 €

« 1515 : Marignan ! » Cette formule célèbre des anciens livres d’histoire garde tout son pouvoir d’évocation. François Ier avait 20 ans. À peine couronné roi, il remportait la plus éclatante victoire française des guerres d’Italie. À l’occasion du cinquième centenaire de cet événement, la BnF revient à la source des représentations de ce souverain, aussi important pour l’histoire de son institution qu’il l’est pour l’Histoire de France. La grande exposition qu’elle lui consacre montre comment sa légende s’est construite de son vivant.

Monarque emblématique du XVIe siècle français, François Ier évoque surtout, dans la mémoire collective, les figures du chef de guerre victorieux et du prince mécène qui favorisa la Renaissance française des arts et des lettres. L’exposition met en lumière des images royales replacées dans leur contexte de création. Des images répondant à une logique propre au XVIe siècle souvent bien éloignée de celle qui, beaucoup plus tard, a suscité l’imagerie d’Épinal, aujourd’hui dominante. Plus de deux cents pièces sont présentées, issues pour la plupart des collections de la BnF : livres manuscrits et imprimés, estampes, peintures, monnaies et médailles…

Le visiteur pourra découvrir le manuscrit enluminé de la Description des Douze Césars avec leurs figures, Trésor national récemment acquis par la BnF. Mais aussi la spectaculaire armure prêtée par le musée de l’Armée et présentée pour la première fois en pied, permettant d’apprécier la haute stature du souverain, qui a marqué ses contemporains. Autres pièces majeures, les trois grands portraits de François Ier prêtés par le musée du Louvre, peints par Jean Clouet, Jos van Cleve et le Titien, illustrent une représentation royale en transformation. Quant à l’enluminure de François Ier en déité polymorphe, issue des collections de la BnF, elle témoigne de l’utilisation de l’allégorie mythologique omniprésente à la Renaissance.

Du guerrier au poète

L’exposition s’ouvre sur l’éducation et la jeunesse de François d’Angoulême, « roi à venir », puis s’intéresse aux représentations du roi chevalier et guerrier qu’il a été du début à la fin de son règne. On découvre ainsi que les images du triomphateur de Marignan se multiplient des années après la bataille, au moment où François Ier revient en France après avoir été emprisonné à Madrid par Charles Quint, dans ce qui s’appellerait aujourd’hui une stratégie de communication visant à restaurer la perception du pouvoir monarchique.

L’exposition décline ensuite d’autres images royales : depuis le « roi très chrétien », « fils aîné de l’Église », jusqu’au poète et mécène, en passant par le souverain administrateur de son royaume. Le règne voit ainsi le développement du « teston », monnaie qui porte l’effigie du roi, sans doute le seul portrait de François Ier qu’ont pu contempler la plupart de ses sujets. Les représentations non figuratives du roi abondent également, notamment dans le décor des châteaux construits pour ce roi bâtisseur, de grandes lettres F couronnées, ou encore des salamandres, son emblème.

La figure du roi protecteur des Lettres fait l’objet d’un traitement particulier car les livres de François Ier forment le noyau des collections de l’actuelle BnF : volumes offerts en hommage mais aussi traités savants commandés et reliés à ses armes pour la nouvelle Bibliothèque royale installée au palais de Fontainebleau. L’ordonnance de Montpellier du 28 décembre 1537, où François Ier demande aux imprimeurs du royaume de présenter leurs publications aux bibliothécaires du roi, est aussi la matrice du dépôt légal moderne.

Un prince de la Renaissance

Au travers des œuvres très diverses qui ponctuent le parcours de l’exposition, voulues par le prince, souhaitées par son entourage ou imposées par les circonstances, se dessine ainsi une image complexe de François Ier : d’abord représenté comme un souverain dans la lignée traditionnelle des rois de France, il est peu à peu saisi dans sa singularité d’individu royal, puis comme un monarque de la Renaissance se mettant en scène dans une définition nouvelle du pouvoir, plus personnelle.