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De papier, de fer et de sang : chevaliers et chevalerie à l’épreuve de la modernité (ca. 1460 - ca. 1620)

Benjamin Deruelle

Benjamin Deruelle, De papier, de fer et de sang : chevaliers et chevalerie à l’épreuve de la modernité (ca. 1460 - ca. 1620), Paris, Publications de la Sorbonne, 2015, ISBN-10 2859449108, 45 €.

Le XVIe siècle est aujourd’hui considéré comme le « crépuscule de la chevalerie ». Ses formes, ses pratiques et son idéal y auraient expiré après des siècles de déclin, dans la violence et dans la haine des guerres d’Italie et des affrontements religieux. Pourtant, ce premier siècle de la période moderne est aussi celui du gentil chevalier Bayard, de l’adoubement de François Ier au soir de Marignan, et de la mort d’Henri II lors du tournoi de la rue Saint-Antoine. Jamais en effet, l’idéal chevaleresque n’avait été autant invoqué et mis en scène par les élites sociales et politiques. Mais, comment les princes et leurs hommes de guerre pouvaient-ils encore se dire chevaliers ? Pourquoi en éprouvaient-ils même le besoin ? Cette chevalerie à laquelle ils vouaient un véritable culte est-elle encore celle du Moyen Âge ? Voilà quelques unes des questions qui conduisent la réflexion de l’auteur dans cet ouvrage. À partir d’une étude des pratiques de la littérature, des comportements et des usages de la symbolique chevaleresques, Benjamin Deruelle nous invite à redécouvrir cet idéal avec les yeux des hommes de guerre du XVIe siècle. Se dévoile alors un pan entier de la culture nobiliaire, ses adaptations nécessaires à sa survie ainsi que ses multiples appropriations, détournements et instrumentalisations. La chevalerie nous apparaît alors comme un langage commun de la supériorité sociale autour duquel une monarchie, plus forte que jamais, s’oppose et communie avec sa noblesse. Cette étude revisite ainsi les figures multiples du chevalier et de la chevalerie au moment où ce mythe fondateur de l’imaginaire de l’Occident est reforgé dans le papier, dans le fer et dans le sang de la guerre.