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Le Roman de Fauvel à la chancellerie royale

Elisabeth Lalou

Elisabeth Lalou, "Le Roman de Fauvel à la chancellerie royale.", dans Bibliothèque de l’École des chartes, année 1994, volume 152, numéro 2 pp. 503-509.

Extrait de l’article

Le milieu de la chancellerie royale sous le règne de Philippe le Bel et de ses fils est un milieu lettré, de clercs qui ont pour tâche l’écriture des actes mais qui ne négligent pas d’écrire à temps perdu des œuvres littéraires et spécialement des romans.

Un de ces romans, le Roman de Fauvel, est issu de la chancellerie royale. Il a été écrit par Gervais du Bus, notaire à la chancellerie à partir de 1314. L’œuvre, composée entre 1310 et 1314, a eu très vite un grand succès. Or, en 1318, plusieurs notaires de la chancellerie ont repris le roman originel pour le copier dans un superbe manuscrit, en y ajoutant des pièces musicales et des enluminures. Ce manuscrit est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale sous la cote fr. 146. La date de 1318 est à peu près certaine, le manuscrit ayant été conçu pour le jeune roi Philippe V et étant resté partiellement inachevé à cause de la mort prématurée du souverain. Sur ce Fauvel unique, la bibliographie est importante et un colloque récent en juillet 1994 y a été entièrement consacré. A cette occasion, il m’est apparu que l’un des notaires de la chancellerie jusque-là resté dans l’ombre avait un rôle central dans l’élaboration du manuscrit.
En effet, le manuscrit fr. 146 contient non seulement des additions musicales et des enluminures, mais trois mille vers environ qui ont été ajoutés au texte même du Roman de Fauvel. Parmi ces ajouts, des fragments ont été empruntés au Roman du comte d’Anjou de Jehan Maillait, autre notaire à la chancellerie.

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