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De l’intégration à l’exclusion : la place des juifs dans les cérémonies d’entrée solennelle au Moyen Âge

Noël Coulet

Noël Coulet, "De l’intégration à l’exclusion : la place des juifs dans les cérémonies d’entrée solennelle au Moyen Âge", dans Annales, 1979, n° 4, pp. 672-683.

Extrait de l’article

Le cérémonial des « joyeuses entrées » est bien connu à partir du XIVe et surtout du XVe siècle. On dispose alors d’abondantes descriptions, rédigées par des auteurs qui se montrent attentifs aux nombreux détails qui font tout le pittoresque de ces « parades bruyantes et colorées ». C’est d’ailleurs à cette époque que le programme s’enrichit de toute une mise en scène qui met les ressources du théâtre au service de la propagande monarchique.

Mais le rituel d’entrée n’est pas pour autant une métamorphose des gestes tout simples de l’accueil qui est normalement dû au souverain ou au seigneur exerçant son droit de gîte. L’adventus ou occursus est liturgique et solennel tout au long du Moyen Age. Les éléments de cette réception ritualisée se retrouvent de façon immuable, tant dans le récit que Grégoire de Tours procure de l’entrée du roi Contran à Orléans au vie siècle que dans la description par Adhémar de Chabannes des entrées des comtes d’Anjou au xie siècle. Ils figurent inchangés aussi bien dans les narrations des sources du Haut Moyen Age relatant l’entrée à Rome de Charlemagne ou des papes du IXe siècle que dans l’évocation par Chrétien de Troyes de l’accueil réservé au roi Arthur dans Yvain.

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