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15 mars 2026, Rouen : Les pouvoirs des femmes (XIVe–XVIIIe siècle)
Université de Rouen Normandie, 23 juin 2026
GRHis UR 3831 / École doctorale 558 Normandie Humanités
La journée d’études doctorales « Les pouvoirs des femmes (XIVe–XVIIIe siècle) » se propose d’interroger les formes et les modalités du pouvoir exercé par les femmes en Europe médiévale et moderne, entre discours normatifs d’exclusion et réalité des pratiques.
Alors que les textes religieux, politiques, juridiques ou économiques dessinent une société patriarcale fondée sur l’inaptitude des femmes à exercer un quelconque pouvoir – de la loi salique aux traités juridiques du XVIIIe siècle – les sources montrent que de nombreuses femmes ont gouverné, négocié, tenu boutique, pris les armes, créé des institutions ou contesté les normes depuis leurs positions sociales, y compris au sein des classes populaires. Il s’agit d’interroger leur agentivité au sein des systèmes de contrainte de l’Europe médiévale et moderne, et d’esquisser une typologie des pouvoirs féminins dans les sphères politiques, juridiques, économiques, sociales, culturelles et intellectuelles.
La journée adopte des bornes chronologiques larges (XIVe–XVIIIe siècle), afin de saisir les transformations des champs d’action féminins sur le temps long, en s’appuyant notamment sur les travaux relatifs à la « querelle des femmes » et aux revendications d’égalité entre les sexes.
Axes de réflexion (non exhaustifs)
1. Les formes d’acquisition du pouvoir
Héritage, succession, travail, force : modalités d’accès des femmes à des positions de pouvoir ou d’autorité.
Rôles et ascendances des femmes comme épouses, mères, parentes, gestionnaires d’un patrimoine ou d’un foyer.
Sphère d’influence privée et domestique : comptes, correspondances, archives permettant de saisir des marges de manœuvre féminines.
2. L’exercice du pouvoir au féminin
Existe-t-il des pratiques du pouvoir spécifiquement féminines ? Stratégies politiques, économiques, recours à la force ou au pouvoir de persuasion.
Exercice du pouvoir dans la sphère familiale et domestique, mais aussi dans les institutions religieuses (monastères, communautés féminines).
Destinataires et formes de la domination exercée par des femmes sur autrui.
3. Enjeux sociaux et culturels du pouvoir au féminin
Effets du statut juridique des femmes au Moyen Âge et à l’époque moderne sur leurs possibilités d’action.
Rôle de l’éducation dans l’accès des femmes à des responsabilités et dans la manière de les exercer.
Transformations sociales et culturelles liées aux initiatives féminines (professionnelles, institutionnelles, individuelles) et aux contestations des limites patriarcales.
Influence du statut matrimonial et des différents âges de la vie sur les formes et les moments d’exercice du pouvoir.
Conditions de soumission
Journée ouverte aux doctorant·e·s en histoire médiévale et moderne.
Les propositions de communication (300 mots) doivent comporter un titre et une courte biographie.
Date limite d’envoi : 15 mars 2026.
Les propositions sont à adresser aux adresses suivantes :
– lea.chacon1 chez univ-rouen.fr
– catherine.hans-menetrier chez etu.univ-rouen.fr
Comité scientifique
Anna Bellavitis (Université de Rouen – GRHis) ; Léa Chacon (Université de Rouen – GRHis) ; Déborah Cohen (Université de Rouen – GRHis) ; Catherine Hans-Ménétrier (Université de Rouen – GRHis) ; Alexis Grélois (Université de Rouen – GRHis) ; Marie Groult (Archives départementales de la Seine-Maritime) ; Élie Haddad (EHESS).
Comité d’organisation
Léa Chacon ; Catherine Hans-Ménétrier.
La SIÉFAR encourage tout particulièrement les doctorant·e·s travaillant sur l’agentivité des femmes, les formes de pouvoir au féminin et les marges de manœuvre dans les sociétés médiévales et modernes à répondre à cet appel et à le diffuser dans leurs réseaux.
