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22-24 mars 2023, Tours : Amitié et inimité en Europe aux XVIe-XVIIe siècles

“Were the World better, there wou’d be more friendship, and were there more Friendship we shou’d have a better World” [“Si le monde était meilleur, il y aurait plus d’amitié, et s’il y avait plus d’amitié, le monde serait meilleur” (Mary Astell- 1666-1731)

Organisation : Maria Teresa Ricci et Delfina Giovannozzi

Comité scientifique : Mercedes Arriaga Flórez, Donata Chirico’, Emilio Maria De Tommaso, Juan Manuel Forte, Delfina Giovannozzi, Claire Lesage, Sandra Plastina, Maria Teresa Ricci, Nuria Sánchez Madrid.

Dans le cadre du partenariat RIR Musae, La pensée des femmes et les utopies dans l’Europe de la première modernité. Corps, logiques d’exclusion, espaces de résistance, établi entre l’Université de Tours, l’Université de Calabre, l’Université Complutense de Madrid, l’Université de Séville et l’Iliesi de Rome, nous organisons un colloque portant sur la question de l’amitié au début de l’époque moderne dans une perspective littéraire, artistique et philosophique.
Selon un vieux stéréotype, l’amitié n’est pas l’affaire des femmes, ni entre elles ni avec les hommes, car leur âme n’est pas assez stable pour un lien aussi étroit et exigeant, comme le dit Montaigne (… dire vray la suffisance ordinaire des femmes n’est pas pour respondre à cette conference et communication, nourrisse de cette saincte couture ; ny leur ame ne semble assez ferme pour soustenir l’estreinte d’un neud si pressé et si durable). Il semblerait donc que la philia, la parfaite amitié, telle qu’elle est décrite par Aristote (Éthique à Nicomaque livre VIII) et Cicerón (De l’amitié) ne puisse concerner les femmes. Mais plusieurs textes du XVIe et du XVIIe siècle essaient de détruire ce stéréotype. Moderata Fonte (1555-1592), par exemple, dans son texte Le Mérite des Femmes (1600), soutient que ce sont les hommes qui sont incapables d’amitié et non seulement envers les femmes mais également entre eux (non crediate che contra il nostro sesso solo siano tali, che ancor tra loro stessi si ingannano, si rubbano, si distruggono e si cercano d’abbassar e di rovinar l’un con l’altro). Selon Fonte, donc, le sentiment de l’amitié caractérise plutôt le monde féminin. Mais elle insiste sur l’importance d’une relation amicale entre les sexes, tout en reconnaissant la difficulté, voire l’impossibilité de réaliser un monde fondé sur ces deux principes : amitié et concorde.
Les deux thèses s’opposent et la première a dominé pendant des siècles. Cependant, à partir du XVIe siècle, la littérature et les traités philosophiques, traditionnellement axés uniquement sur les amitiés masculines, commencent à déplacer leur attention aussi sur le sujet de l’amitié entre les femmes et également entre le monde féminin et le monde masculin.
Il s’agira alors d’interroger les écrivaines et les écrivains, les artistes et les penseurs de l’époque qui se sont penchés sur cette problématique (une théorie humaniste de l’amitié) afin de comprendre leurs approches et leurs visions des relations sociales, des amitiés – intellectuelles, politiques, philosophiques, amoureuses. Une attention particulière sera donnée à l’expression – littéraire, artistique et philosophique – des femmes de l’époque.

Le sujet du colloque pourra être développé selon les axes suivants :
Amour, amitié et inimitié dans la Querelle des femmes
L’« honnête amitié » et l’égalité idéale
L’amour et le mariage
L’amitié et l’inimitié dans les arts -Les relations épistolaires
Amitié et patriarcat/pouvoir