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La réception du Pastor Fido en France au XVIIe siècle : bref état des lieux de la recherche
Laurence Giavarini
Laurence Giavarini, « La réception du Pastor Fido en France au XVIIe siècle : bref état des lieux de la recherche », Études Épistémè, 4, 2003
Extrait de l’article
C’est essentiellement au tournant du XVIe siècle et pendant tout le XVIIe siècle que le Pastor Fido connut en France sa plus grande fortune poétique et dramatique. Cette “fortune” — le mot est typique des analyses de réception des années 70 — se mesure autant à la permanence des critiques adressées au projet lyrique de Guarini qu’à ses traductions et à ses imitations, si bien qu’on peut dire que la discussion sur le sens et surtout les défauts de la lyrique guarinienne a accompagné les recherches françaises sur la constitution d’une langue classique, ou tout au moins le discours sur la valeur de cette langue. À ce titre, le poème de Guarini ne saurait être seulement analysé comme un des témoignages de ce qu’on appelle en général l’italianisme — c’est-à-dire non seulement le goût pour les œuvres italiennes, mais le fait qu’elles pouvaient représenter un point de référence obligatoire dans un univers culturel donné —, à moins de considérer cet italianisme, qui semble perdurer au-delà des premières années du siècle et de la cour italienne de la reine Marie de Médicis, comme un des aspects importants de la pensée du siècle sur la langue et l’esthétique du théâtre français.
Pour ce qui intéresse la critique française à partir de laquelle on envisagera ici le sens de la réception du Pastor Fido au XVIIe siècle, on peut distinguer trois moments, trois options méthodologiques assez différentes : la première option est représentée par Jules Marsan, auteur en 1905 de La Pastorale dramatique en France.
