Accueil / Art et culture / Peinture et arts graphiques / Etudes modernes / Diane de Poitiers : maîtresse de son image (...)

Diane de Poitiers : maîtresse de son image ?

Henri Zerner

Zerner, Henri, Diane de Poitiers : maîtresse de son image ?, Albineana, Cahiers d’Aubigné, 14, 2002. Le mythe de Diane en France au XVIe siècle, sous la direction de Jean-Raymond Fanlo et Marie-Dominique Legrand, p. 335-343.

Extrait de l’article

L’iconographie de Diane de Poitiers a souvent été discutée sans jamais être vraiment approfondie dans toute son étendue. Louis Dimier est celui qui a le mieux traité des portraits à proprement parler, et cela dès 1925. Dans son livre de 1955 sur Diane, Philippe Erlanger a donné une sorte de catalogue de l’iconographie de la duchesse de Valentinois, qui est utile, mais entièrement de seconde main. Madame Bardon a publié un ouvrage sur la convergence entre la figure mythologique et le personnage historique de Diane de Poitiers. Je n’ai pas, bien entendu, la prétention de traiter de ce sujet complexe en quelques pages, mais j’aimerais au moins indiquer les articulations principales des différents aspects des représentations visuelles de cet étonnant personnage, depuis les portraits jusqu’aux projections fantasmatiques dont certaines n’ont à l’origine aucun rapport avec le personnage historique. Nous avons, grâce à Jean et à François Clouet, des portraits de la plupart des personnages importants de la Cour de France à l’époque des derniers Valois. Cependant l’identification des personnes représentées n’est pas toujours facile. Le cas de Diane de Poitiers n’échappe pas à la règle parce que les inscriptions anciennes ne sont pas toujours fiables. Ainsi lorsque les dessins originaux ont été copiés, les différentes versions d’un même original portent des identifications différentes ; L. Dimier a établi des principes qui, malgré des exceptions, peuvent servir de guide. En ce qui concerne Diane de Poitiers, il a montré en particulier qu’il y avait eu, sans doute dès la fin du XVIe siècle, une confusion entre les portraits de Diane et ceux d’Anne de Pisseleu, duchesse d’Etampes, la célèbre maîtresse de François Ier. La démonstration de Dimier n’a pas empêché la confusion de continuer souvent jusqu’à nos jours.

Lire la suite (persee.fr)