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Deux bustes du début du XVIe siècle au Musée du Louvre 

Pierre Pradel

Pradel Pierre, « Deux bustes du début du XVIe siècle au Musée du Louvre », Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, tome 45, 1951, p. 141-153.

Extrait de l’article

Presque tous les historiens de la sculpture française ont subi l’attirance de la courte période ouverte en 1495 et aboutissant au règne de François Ier, marquée par l’effacement de l’esprit gothique devant l’italianisme montant. Avec l’émotion qui accompagne un adieu, ils ont analysé les œuvres, mais sans s’affranchir toujours d’une doctrine systématique. Entre l’assertion de Courajod suivant laquelle l’art français ne put alors se sauver qu’en empruntant « le masque et les allures de son heureux concurrent », et celle de Palustre : le nouveau style « a dépouillé, en quelque sorte, sa vieille enveloppe pour revêtir un caractère national », il y avait opposition foncière, le dernier mot revenant, pour l’un, à l’Italie, pour l’autre, à la France. Et Paul Vitry lui-même, dans sa magistrale enquête qui demeure à la base de nos informations, eut parfois tendance à refuser d’emblée l’étiquette française à des œuvres ambiguës, dans son désir de soustraire l’école de Michel Colombe aux « symptômes d’altération » du style gothique.

Il ne convient peut-être pas de rechercher des principes trop généraux dans une période où l’enseignement d’une leçon étrangère accusa l’écart habituel entre artistes traditionnels et artistes novateurs. En tout cas, deux bustes de terre cuite — un d’homme, un de femme — que la générosité de la Société des Amis du Louvre a fait entrer en 1949 au Département des Sculptures du Musée, semblent bien prouver combien parfois fut précoce et intelligente l’assimilation des modes italiennes par les sculpteurs de chez nous (pl. XX).

Ces œuvres étaient connues, mais tellement dénaturées par des revêtements colorés, que la qualité de leur style et même leur valeur ne pouvaient être estimées justement. C’est en 1880 qu’elles furent découvertes lors de travaux extérieurs effectués au château de la Péraudière, près de Saint-Cyr-sur-Loire, aux environs de Tours ; sur la façade d’une aile adjointe au début du XIXe siècle à cette petite construction gothique, elles étaient installées dans des niches masquées par des feuillages.

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