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Un buste d’enfant du XVIe siècle (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)
Émile Molinier
Molinier Émile, « Un buste d’enfant du XVIe siècle (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti) », Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, tome 6, fascicule 1, 1899, p. 107-114.
Extrait de l’article
Le buste qui est ici publié n’est pas un monument qui comporte une longue dissertation. Mais si cette œuvre tout à fait charmante ne peut donner lieu à de longs développements, elle peut cependant à bon droit prendre place parmi les sculptures de la Renaissance française dignes d’être signalées. Si les artistes italiens semblent avoir eu une prédilection très prononcée pour l’étude du type enfantin, il ne paraît pas que les sculpteurs de notre pays aient aperçu dans l’étude de l’homme en formation, pour ainsi dire, un sujet très intéressant grâce à la variété des aspects que présente le développement normal d’un être qui se modifie à toute minute. En dehors des portraits, les artistes du moyen âge et de la Renaissance ont eu maintes et maintes fois, en représentant Jésus ou saint Jean, l’occasion de peindre ou sculpter des enfants ; mais, tandis que les Italiens, brisant les formules iconographiques anciennes qui offraient Jésus ou saint Jean enfants sous les traits de « petits hommes », cherchaient à étudier de près la nature, la poétisaient tout en la serrant d’assez près et créaient des merveilles en ce genre, Flamands et Français, continuant les traditions du moyen âge ont, dans la plupart des cas, ayant à représenter les mêmes personnages, créé des êtres assez mal venus, ni hommes ni enfants : ce ne sont point des êtres arrivés à leur complet développement, mais ce ne sont pas non plus des enfants, car on n’y retrouve guère quelques-uns des caractères principaux qui signalent tout être vivant à son début : la prédominance des chairs, plus ou moins bouffies, sur l’ossature, sur la charpente osseuse qui, sauf pour la tête, généralement hors de proportion, n’est qu’à peine esquissée. On peut donc dire que, au XVe siècle, chez nous, les artistes n’on pas fait une étude particulière de l’enfant. Par contre, au XVIe siècle, deux ou trois artistes ont créé des types, dans cet ordre d’idées, qui leur sont bien personnels.
